Archive | janvier, 2019

Dans la famille Turner, voici Page.

Dan Brown a Robert Langdon et GiacomettiRavenne ont Antoine Marcas, et si on enfermait leurs deux héros dans une crypte, avec quelques pièges, une jolie femme et une énigme à déchiffrer, il n’est pas sûr que les froggies soient les plus maladroits.
Bref, voici le douzième épisode des aventures du commissaire franc-maçon qui nous entraîne, cette fois, au cœur d’une confrérie à côté de laquelle les maçons passeraient pour des Bisounours : la « Skull and Bones », société secrète apparue pour la première fois en 1832 à l’université de Yale. (Combien de temps Langton mettrait-il pour découvrir que le chiffre 322 signifie 22 mars – de cette sinistre année 1312 où le roi Philippe Le Bel décida de dissoudre l’Ordre du Temple ?).
Conspiration* est un formidable page turner, une histoire qui se déroule à deux cents à l’heure (à côté, le Da Vinci code semble au ralenti, sorry, Dan) et qui prouve, une fois encore, que ces histoires de templiers, de puissance, de complots, de fake news, de sacré – ici, le pouvoir d’une relique du Christ qui, près de 2000 ans plus tard, occasionne d’inexplicables crimes –, n’ont pas fini de faire le bonheur des insomniaques. Et de tous les autres.
Vivement le treizième épisode qui, de par son numéro, devrait être terrible.

*Conspiration, d’Éric Giacometti et Jacques Ravenne. Éditions Lattès (à ce sujet, on trouvera deux méchants, page 420, ayant pour noms Laurent et Laffont, du patronyme du boss de Lattès). En librairie depuis le 24 avril 2018. Leurs autres titres chez Pocket.

Un scandale.

À l’heure des Femen, des #metoo, de la publication récente d’un terrifiant rapport qui fait état de plus de 80% des femmes victimes d’agressions sexuelles, qu’elles soient verbales ou gestuelles (pour employer un euphémisme), voici un livre qui, comme Le Malheur du bas d’Inès Bayard, chroniqué ici il y a quelques semaines, est à contre courant de toute cette agitation.
Sarah Vaughan y fait le procès d’un viol commis par un secrétaire d’état anglais, un viol de type conjugal, ce qui est extrêmement délicat à juger. Elle raconte à la manière d’un paisible Grisham, prend son temps pour décrire la psychologie de ses personnages (anatomie signifie d’ailleurs, selon Le Larousse : science qui a pour objet l’étude de la forme et de la structure des êtres organisés) et nous entraîne avec une langueur extrêmement habile dans les arcanes compliqués de l’âme humaine parfois incapable de juger le mal fait à autrui. Anatomie d’un scandale recèle une violence souterraine jubilatoire pour qui aime les thrillers psychologiques anglais, c’est-à-dire qui possèdent cette distance presque protocolaire avec leur sujet, ce qui les rend diablement efficaces.

*Anatomie d’un scandale, de Sarah Vaughan. Éditions Préludes. En librairie le 9 janvier 2019. Un très grand merci à Florence Mas du Livre de Poche pour cette très belle découverte.

La beauté s’efface parfois, mais jamais ne disparaît.

C’est toujours une joie, la joie des autres.
Découvrez ici, la joyeuse nouvelle de Dominique Cozette à propos de la naissance d’un livre*, belle comme celle d’une sœur, et que je me réjouis de partager avec vous.

*Pascale Ogier, ma sœur, par Émeraude Nicolas. Éditions Filigranes, en librairie depuis le 26 novembre 2018.