Archive | avril, 2019

Samedi 13 avril 2019.

Il y a bien longtemps que Le Touquet est à l’heure écolo avec ses célèbres rosalies (ci-dessus), ses chars à voile et ses chevaux (prend-en de la graine, Notre-Drame de Paris !). C’est donc tout naturellement que la rue de Paris sera, cet après-midi, encombrée de ces merveilles puisqu’on y annonce une rencontre avec Mon Père dans la nef de la maison de la Presse du Touquet. Alors, avant ou après une gourmandise du Chat bleu, avant ou après un bain de soleil sur la plage, venez goûter à la bonne parole – celle qui vous donnera envie d’un monde meilleur pour nos enfants.
15 heures. Rencontre et dédicace. Maison de la Presse, 58 rue de Paris, 62520 Le Touquet-Paris-Plage.

Vendredi 12 avril 2019.

Iris est le nom d’une fleur dont l’origine latine, iris, iridis, fut empruntée au grec Iris, Iridos, qui désigne la messagère des dieux. En anatomie, l’iris, constitue la partie colorée de l’œil, percée en son centre de la pupille. Il est comme un diaphragme qui diminue ou augmente l’intensité lumineuse. Il était donc presque prévisible, lorsqu’on s’appelle Iris, que l’on soit à la fois la messagère et la voyante. Ainsi Nathalie Iris est-elle devenue libraire, et pas des moindres, capable de transmettre les écrits après les avoir lus. C’est ce qu’elle fera à nouveau ce soir avec Mon Père, en présence du fils. Quelle joie !
19 heures. Rencontre apéritive et dédicace. Librairie Mots en Marge. 11 Place de la Liberté, 92250 La Garenne-Colombes

Jeudi 11 avril 2019.

D’une certaine manière, ce soir, c’est relâche pour moi puisque ce sont les incomparables Grégori Baquet et Murielle Huet des Aunay qui seront sur scène et interprèteront (magnifiquement) On ne voyait que le bonheur. Par contre, une heure trente plus tard, je les y rejoindrai pour répondre avec eux à toutes vos questions. Mais en attendant, chut, ça va commencer.
20 heures 30. Centre Culturel Les 3 Pierrots, 6 Rue du Mont Valérien, 92210 Saint-Cloud. Réservations ici par exemple. Ou là.

À table !

Prenez une bête. Faites-lui bouffer un bébé. Cela donne le terrifiant Rat de Venise1, de Patricia Highsmith. Ou le jubilatoire Procès du cochon2, de Oscar Coop-Phane. Dans le premier, le réalisme le disputait à l’horreur. Dans le second, c’est la farce qui l’emporte. Car enfin ce cochon cannibale, arrêté juste après son forfait, alors qu’il était « allongé sous un arbre et sa bouche laissant échapper des bribes de sang chaud » (page 55) ne proteste pas, ne clame pas son innocence, n’accuse aucun autre de ses congénères, il ferme son groin, s’écrase comme une tranche de jambon, se laisse accuser, condamner, supplicier et achever en eau de boudin. La justice des hommes est bien prompte à juger ses semblables, ces temps-ci. Coop-Phane nous offre ici une farce tragique qui me fait penser à la fin de cette magnifique chanson d’Higelin intitulée L comme Beauté3:

Tu es la beauté que j’adore
car elle m’a appris à aimer
et à comprendre la laideur
qui est le miroir
où je peux contempler
ma vérité.

1. Le Rat de Venise et autres histoires de criminalité animales à l’attention des amis des bêtes, de Patricia Highsmith. Editions Calmann-Lévy (1993) et Livre de Poche (1994).
2. Le Procès du cochon, de Oscar Coop-Phane. Editions Grasset. En librairie depuis le 9 janvier 2019.
3. No man’s land, de Jacques Higelin, 1998. EMI Pathé Marconi. (Sublissime son en vinyle).

Mardi 9 avril 2019. (Soirée privée).

Comme son nom l’indique, c’est un club. Et qui dit club dit membres. Et qui dit membres dit nombre limité. Etc. Ça sera donc assez difficile de nous y voir tous ce soir, mais sachez que je vais donc rencontrer les adorables et exigeantes (oui, ce sont des femmes) membres du Club de lecture de Lübeck, afin de débattre de Mon Père dont la présidente m’a écrit : « Abasourdies, assommées, hypnotisées. Voilà l’état des filles du Club qui viennent de dévorer votre dernier livre. C’est un véritable coup de poing, un uppercut. Nous sommes toutes KO ». Je vous raconterai quand on se verra, vendredi par exemple, à La Garenne-Colombe.
20 heures. Club de lecture de Lübeck. 75016 Paris.

Samedi 6 et dimanche 7 avril 2019.

Ça ressemble à une soucoupe volante qui se serait posée, de laquelle sortiraient des petits hommes verts (pourquoi verts d’ailleurs ?) qui viendraient voir ce que la Terre a fait de meilleur, de plus créatif, de plus inventif, et, se posant là, ce week-end là, ils découvriraient, ces petits hommes verts, que le génie de l’homme a fait les livres. Ils rencontreraient pendant deux jours, une bonne centaine d’auteurs, savoureraient des dizaines de milliers de pages, assisteraient à des rencontres passionnantes et des débats passionnés, et verraient que les mots des hommes n’ont pas encore dit leur dernier mot.
De 10 à 19 heures. Printemps du livre de Montaigu. Au théâtre de Thalie (ci-dessus), sous la présidence d’honneur de Marc Levy, Cours Michel Ragon. 85600 Montaigu. Tout le programme ici.

Qui n’a pas lu ce livre ?

On se souvient de cette classe de lycée dont les élèves n’ont pas voulu étudier le livre Le porteur de cartable d’Akli Tadjer, au prétexte que l’auteur n’était pas français, et dont l’un d’eux a refusé d’en lire un extrait car il ne voulait pas prononcer le prénom d’un personnage, Messaoud. L’affaire avait alors fait grand bruit. Des indignés, dont moi, avaient donné de la voix. Et Akli s’était alors rendu dans cette classe, pour affronter ces jeunes de la France silencieuse, comme il les nomme, percer le furoncle du mal, laisser le pus de la vermine couler, disparaître.
C’est cette rencontre qu’il raconte dans ce texte bref, sans haine ni violence – pour reprendre les mots de Spaggiari. Sans langue de bois non plus. Et quand Akli, entré dans la salle de classe, pose cette première question Qui n’est pas raciste ici ? tous les enfants ne lèvent pas la main. Ils sont tous blancs. Alors Akli déroule son magnifique chant à la tolérance, sa litanie à l’amour de l’autre, le tumulte de son enfance française, son enfance cognée.
Ce petit livre indispensable est à glisser d’urgence dans tous les cartables, les sacs à dos, les sacs à main, les poches arrière des joggings et les poches intérieures des vestons.
Il est d’ailleurs bien plus qu’un petit livre. Il est un trait d’union.

*Qui n’est pas raciste ici ? de Akli Tadjer. Éditions Lattès. En librairie le 27 mars 2019.