Archive | Invités.

Invitée #34. Laurence Gilardi (5/5).

Sophie DivryRentrée Littéraire 2018. Trois fois la fin du monde, de Sophie Dirvry. Éditions Noir sur Blanc. À la Rose des vents et dans toutes les bonnes librairies depuis le 23 août 2018.
C’était le dernier des cinq coups de cœur de la rentrée de mon adorable et généreuse trente-quatrième invitée.
Merci Laurence !

Invitée #34. Laurence Gilardi (4/5).

laurent SeyerRentrée littéraire 2018. Les poteaux étaient carrés de Laurent Seyer. Éditions Finitude. À la librairies de Laurence à Dreux depuis le 23 août 2018 .Sélectionné pour le Grand Prix Sport & Littérature, pour le Prix des lecteurs (Escale du livre) et le Prix du premier roman de la librairie l’Esprit Large.

 

Invitée #34. Laurence Gilardi (3/5).

 

Bulle

Rentrée littéraire 2018. Là où les chiens aboient par la queue, de Estelle-Sarah Bulle, aux éditions Liana Levi. À la librairie La rose des vents depuis le 23 août 2018. Prix Stanislas 2018.

Invitée #34. Laurence Gilardi (2/5).

Brad watson

Rentrée littéraire 2018. Miss Jane, de Brad Watson. Éditons Grasset. À la librairie La Rose des Vents à Dreux depuis le 5 septembre 2018.

Invitée #34. Laurence Gilardi (1/5).

Cela remonte à 2011.
L’Écrivain de la famille venait de sortir et, fébrile, je feuilletais les magazines, les quotidiens, me baladais sur Internet afin découvrir les premières réactions et je suis assez vite tombé sur celle de Laurence Gilardi, libraire à La Rose des Vents, à Dreux, qui partageait son grand enthousiasme sur mon premier roman. Je lui ai donc aussitôt écrit pour la remercier, puis elle m’a invité dans sa belle librairie et depuis, j’ai découvert une personne généreuse et nous sommes devenus amis.
Il y a longtemps maintenant que je souhaitais qu’elle soit l’une des invitées de ce blog mais son élégante timidité la retenait. Je suis resté tenace, confiant, et ça a payé : la voici enfin, avec non pas un, mais cinq coups de cœur (sa fameuse générosité) en cette Rentrée littéraire 2018. Elle vous en présente un chaque jour, ici même.

Dieudoné

Rentrée littéraire 2018. La vraie vie, de AdelineDieudonné, aux Éditions L’Iconoclaste. À La Rose des ventes à Dreux depuis le 29 août 2018. Prix du Livre Fnac 2018. Et ce n’est pas fini.

Invitée #33. Anne-Laure Bonnange.

Il faut être allé à la librairie Les Mots Passants*, à Bandol, pour découvrir à quel point Anne-Laure Bonnange est une libraire exceptionnelle. Elle est capable d’enchanter les clients avec ses mots à elles et avec ceux des livres qu’elle recommande. Elle n’est d’ailleurs pas une librairie mais une amie. Elle a pour chacun la bonne posologie, lisez d’abord celui ci, puis enchaînez avec celui là. Les clients reviennent, non pas guéris (on ne guérit jamais du bonheur de lire), mais enchantés à l’idée de recevoir une nouvelle ordonnance. Et si d’aventure, vous aviez tous les livres du monde chez vous, passez chez elle – ne serait-ce que pour la beauté de son sourire.
Je lui ai demandé de nous présenter l’un de ses coups de cœur. Le voici.

Invitée #33

« Lorsque j’ai ouvert ce roman** pendant mes 3 jours de vacances estivales fin août, je l’ai appréhendé un peu blasée : « bon ben c’est la rentrée littéraire, faut bien lire un peu de tout ».
Et puis les pages se sont mises à tourner toutes seules, mes enfants ne m’ont quasi pas vue pendant ces 3 jours !
Une histoire tellement taboue dans les familles françaises que cette période des « évènements d’Algérie », comme il faut dire. Et moi, au fil des pages, je me rendais compte que j’étais totalement vierge de toute connaissance du sujet.
Alice Zeniter nous transporte dans ses racines comme si c’était les nôtres, et le destin tragique de ces milliers de personnes bannies de tous côtés est enfin révélé au grand jour.
Un bijou de style, un ravissement de contenu.
Bref, une pépite que j’ai soutenue depuis 4 mois. Et mes clients de me faire confiance aveuglément et de l’acheter pour eux, pour leurs proches; et leurs retours de lecture avec de grands mercis et de francs sourires…
L’extase pour la petite libraire que je suis. »

*Librairie Les Mots Passants, 303 avenue du 11 novembre, 83150 Bandol. Ouverture : 9 h 30 – 13 h puis 14 h 30 – 18 h 30. Téléphone : 04 94 41 75 91.
**L’Art de perdre, de Alice Zeniter. Éditions Flammarion. En librairie depuis le 16 août 2017. Prix Littéraire Le Monde 2017. Prix des Librairies de Nancy 2017. Prix Goncourt des Lycéens 2017.

Invité #32. Frank Andriat.

Il me semble que je connais Frank depuis toujours. Ce qui est évidemment faux puisque je suis un jeune écrivain et lui un éternel jeune homme doublé d’un vieil écrivain. Nous nous sommes connus par nos textes et les mots ont fait le reste. Avec 85 livres (tous genres confondus) derrière lui, son enthousiasme intact et son indiscutable talent me donnent l’impression qu’il se jette dans chacun de ses livres comme dans un premier roman, avec cette foi émerveillée, son besoin grandiose de partager l’amitié, la chaleur humaine, tant d’amour au travers de ses personnages. Frank sait mieux que quiconque qu’un livre peut changer une vie et comme il est l’homme le plus altruiste que je connaisse, il écrit aussi pour agrandir la vie de ceux qui sont à l’étroit. Respect, l’ami.
Je lui ai demandé de nous présenter l’un de ses coups de cœur, le voici.

Frank Andriat Invité

« ÉCRIRE, C’EST S’ARRÊTER, écouter le silence, se laisser émouvoir par la vie, lâcher prise, s’abandonner. Il existe beaucoup trop de livres bavards. Ceux qui vont à l’essentiel sont d’autant plus précieux : Monsieur Origami* de Jean-Marc Ceci en fait partie. Un premier roman. Un livre qui, depuis sa parution en septembre 2016, connaît un destin solaire : trois prix littéraires** et surtout des milliers de lecteurs ravis.
Un livre qui nous offre de nous déplier, de respirer, d’aller à l’essentiel. Un roman qui nous invite à fréquenter nos ombres et notre clarté. Kurogiku nous conduit du Japon en Toscane : il y rencontre Casparo et Elsa. Il y rencontre le silence qui lui permet d’ouvrir un dialogue avec lui-même et avec cette vie qui le dépasse. Monsieur Origami n’est pas un livre tapageur qui envahit : ce roman sobre, délicat, avançant sur un fil, accompagne son lecteur, va à sa rencontre sur la pointe des pieds.
Lorsque j’ai lu Monsieur Origami, le temps s’est figé. Les mots de Jean-Marc Ceci m’ont conduit vers la plénitude. Le roman et moi, nous nous sommes tus ensemble. Comme on peut le faire avec un véritable ami. Il m’a offert une autre vision du temps : plutôt que de le mesurer et d’en devenir l’esclave, je me suis mis à le contempler. J’ai respiré le parfum tranquille des mots en suspens. Comme Kurogiku qui tente de comprendre comment le monde est plié. Et comment, après qu’on l’a déplié, il n’est pas chiffonné.
Il y a des livres qui indisposent tant leur auteur est imbu de lui-même et de sa froide intelligence, d’autres qui irritent gentiment parce que leur auteur se noie dans le flot de mots qu’il engendre. Monsieur Origami est un livre qui enchante. Il vient du cœur, il est écrit comme une respiration paisible et il célèbre la vie dans son immobilité silencieuse. Sans effets de manches, il conduit à l’humain. Il nous dépouille du brouhaha et nous habille de légèreté.
J’aime les livres (et les auteurs) généreux. Ceux qui sèment et qui permettent de grandir. Ceux qui prennent soin de leurs lecteurs en les menant vers la lumière, sans pour cela nier les ombres. Les livres qui posent les bonnes questions : À quoi sert-il d’avoir si être nous manque ? nous demande Ceci en nous laissant le choix de la réponse.
Monsieur Origami réussit un pari merveilleux : celles et ceux qui le lisent inventent, en le découvrant, d’autres livres, ceux que l’on peut créer en pliant mille et une fois les mots de Jean-Marc Ceci. Comme lorsqu’on fait un origami. C’est du grand art. Celui de la paix et de l’harmonie. »

*Monsieur Origami de Jean-Marc Ceci, Éditions Gallimard. En librairie depuis le 25 août 2016.
**Prix « Jeune Mousquetaire » de Nogaro 2017. Prix Edmée de La Rochefoucauld 2017. Prix Murat 2017 Un roman français pour l’Italie.

Invitée #31. Dominique Cozette.

J’ai toujours été impressionné par les personnes qui créent du langage. Dominique Cozette en fait partie. Un jour, presque par hasard (c’est toujours presque par hasard qu’on fait avancer le monde) elle a inventé la campagne Omo avec les singes, mais surtout le langage desdits singes. Souvenez-vous. Omo Micro, touti rikiki maousse costo. Crapoto basta fuit ! (…). Et la marque, en perdition, revint en tête des ventes. J’ai eu la chance de travailler et de rire pendant quatre ans avec Dominique dans une agence de pub. Mais derrière la formidable rédactrice, quel bonheur d’avoir découvert (elle ne crâne pas) un très bel écrivain*, une parolière épatante, une artiste émouvante et une blogueuse hors pair. Je lui ai demandé de nous présenter l’un de ses derniers coups de cœur. Le voici.

Domoinique Cozette

UNE SACRÉE DARONNNE ! La daronne** est le titre du tout dernier livre d’Hannelore Cayre, avocate pénaliste de profession mais aussi écrivaine, donc, et réalisatrice de son premier bouquin Commis d’office. C’est une nana cash, drôle, cinglante,  qui écrit dru et ce polar est formidable. Parce que ça pourrait n’être que le roman de sa vie, et ça serait déjà formidable. Faut voir ce qu’elle a vécu avec un père dans les « affaires » internationales, du blé qui coulait à flot, une maison quand même pourrie mais avec un esclave qui ramassait les robes que sa mère laissait tomber par terre, des vacances dans les palaces où monsieur était traité comme le roi du monde. Jusqu’à ce qu’il meure. Un moment, le rêve recommence en la personne d’un époux formidable, richissime aussi, mais qui meurt vite. Et là voilà minable avec tout l’argent claqué par une mère sans amour ni vergogne qui finit sa triste vie dans un mouroir qui, comme tous les mouroirs, coûte la peau du clito. Son clito qui ne sert plus à rien sauf à un flic gentil, amoureux mais bourrin.
Pour gagner sa vie, comme arabe bilingue, elle traduit les milliers d’heures d’écoute des dealers et trafiquants haut de gamme et les arrange parfois à son goût. Puis, au pied du mur pour débourser plus qu’elle n’a, elle saute le pas. Grâce aux contacts qu’elle traduit, elle s’introduit dans un juteux trafic qui va lui rapporter une montagne de cannabis. Du bon. Et elle devient la daronne. Elle se lie avec une Chinoise qui a aussi des trucs planqués dans une grande cave blindée…
Le livre n’est pas épais mais extrêmement dense. Comme dans un montage cut-cut, elle ne s’attarde pas sur les détails, elle fonce, elle pare au plus pressé, elle débobine, entube, recèle, surborne. C’est très acerbe, très cynique, on en apprend de belles, notamment que le ministère n’a pas les moyens de salarier les traducteurs donc qu’ils sont payés au black, et c’est vrai. Des choses comme ça.

*Pour la nuit ou pour la vie ? (Les hommes au banc d’essai), Belfond, 1988. Mal de mère, Balland, 1991. Ma femme, Grasset 1993. Rewind, Calmann-Levy, 1998. Quand je ne serais jamais grande, Calmann-Levy, 1999. Couchées, Pauvert, 2000.
**La daronne, d’Hannelore Cayre. Éditions Métallié. Prix du Polar Le Point Européen 2017. En librairie depuis le 9 mars 2017.