Archive | Les potes.

Un meurtre à 26 mains.

Après Eliette Abécassis, Françoise Bourdin, Mireille Calmel, me voici à mon tour assassin. Je viens de tuer un certain Yvan – dans le téléphone duquel son ex venait de trouver la photo d’une femme assassinée. Bref. Depuis un mois, Femme Actuelle* publie chaque semaine un épisode de Meurtre par SMS, un formidable roman écrit à vingt-six mains. À venir : Philippe Delerm, David Foenkinos, Michel Bussi, Philippe Grimbert et tant d’autres qui se sont tous bien amusés. Et, comme un bonheur ne vient jamais seul, à la Une de ce numéro, Femme Actuelle « craque pour des recettes croquantes ». C’est vous dire.

Femme actuelle

*Femme Actuelle. En kiosque. 1, 70 €.

Un tango en bord de mer.

Besson Tango

Si les retrouvailles sont une valse, les souvenirs, un pas de deux, les règlements de compte amoureux sont un tango. Philippe Besson, orfèvre des mots, dentellier des sentiments, l’a bien compris en écrivant cette impeccable partition pour deux. Ils se sont perdus. Ils se retrouvent. Ils avancent. Reculent. S’attirent et s’effraient. Parce que si l’amour s’évapore parfois, le désir, lui, est indélébile. Sa pièce, mise en scène par Patrice Kerbrat, est une coda envoutante. Jean-Pierre Bouvier (que j’embrasse au passage) est magnifique, puissant, brisé ; Frédéric Nyssen, gracieux, fragile, dangereux. Allez-y*. Allez écouter les mots d’un bel écrivain habillés de deux grands acteurs.

*Au Théâtre du Petit Montparnasse, jusque fin novembre (allez, allez, on réserve). Le texte de la pièce est paru chez Julliard, en juin 2014.

Profession du fils.

Chalendon

Rentrée littéraire 2015. Sacré Sorj. Voilà plusieurs livres qu’il nous emmène avec lui dans la noirceur des âmes, la traîtrise des frères, la lâcheté des hommes, la douleur de Bobby Sands, la tragédie d’Antigone ; le voici qui nous ouvre les portes d’un immense petit drame familial*. Un trois pièce de province. Années 60. À l’intérieur, un couple, et leur fils Émile. Le papa est parano. Mytho. Border line. Donc sans profession. Et ça tombe bien parce qu’il n’y aurait pas assez de place sur les fiches scolaires pour répondre à la terrible question sans point d’interrogation : Profession du père.
Le fils : Émile, six, puis huit, puis onze, treize ans, est fasciné par son père. Il lui obéit au doigt, à l’œil, aux coups de ceinture, de poings et de pieds. Il devient son agent secret. OAS. CIA. Il devient sa marionnette. Son conneau. Il devient un tueur possible. La cible : de Gaulle. L’arme : un Mauser HSc.
Au fil des courts chapitres, au cours de l’écriture sobrissime de Sorj, Émile devient un authentique résistant, résistant au mal qui ronge son père et fait taire sa mère. Jusqu’au jour où l’arme familiale (le fameux Mauser HSc) est pointée contre le père. Profession du fils : tueur de père.
Pour la première fois, le père prend peur, et le livre magnifique commence. Qui nous emportera jusqu’à la fin, la folie triste, la mort, la petite crémation ; jusqu’aux premières larmes de Sorj, pardon, d’Émile.

*Profession du père, Sorj Chalendon. Éditons Grasset. En librairie.
PS. Une note de 5 (c’est à la mode) au directeur artistique qui a osé les magnifiques jaquettes de la rentrée Grasset.

La mère du Nord.

fournier

Rentrée littéraire 2015. Après son papa, ses garçons, son premier amour, son épouse, sa fille*, Jean-Louis nous parle de sa maman**. Sa mère du Nord. Une femme faite pour le bonheur et qui vivra des grands chagrins, par la disgrâce d’un mari alcoolique. « C’était maman qui pleurait, sous ses couvertures, tout bas, pour ne pas nous réveiller » (page 88).
Jean-Louis avait rangé ses précédents disparus sous des couvertures sombres (la couverture noire, dite La Bleue, chez Stock) ; il a, cette fois-ci, choisi une couverture blanche pour sa maman. Blanche comme neige, comme aile d’ange, comme porcelaine. Et c’est un Jean-Louis au grand cœur tendre qui, s’il ne peut s’empêcher quelques facéties (« Ma mère ne voulait pas faire de vagues » page 104), nous raconte des petites anecdotes sur elle, délicatement posées, comme des verrines, sur l’immense blanc des pages de son livre (il a toujours écrit très court, très aéré – des jardins japonais, dit-il de la mise en page de ses textes) ; un Jean-Louis apaisé donc qui, comme il me l’écrit sur sa dédicace, conserve les êtres chers dans ses livres, comme on conserve les cerises dans l’eau de vie. Car c’est bien de vie qu’il nous parle. De celle à qui il n’a jamais vraiment chuchoté qu’il l’aimait. Et qui lui manque. Le temps répare, semble-t-il.

*Respectivement : Il a jamais tué personne mon papa, Où on va papa ?, Poète et paysan, Veuf, La Servante du Seigneur, tous publiés chez Stock et au Livre de Poche.
**Ma mère du Nord, Jean-Louis Fournier. Éditions Stock. A paraître le 30 septembre 2015.

Le brise-cœur.

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Pascal Chaumeil* est mort, alors que cinquante-quatre ans n’est pas du tout un âge pour mourir. Avec ce coup bas, il nous prive d’au moins vingt magnifiques films. Mais il ne nous enlèvera jamais le souvenir de sa gentillesse, sa virtuosité de metteur en scène, et nos fous-rires lorsque nous faisions de la réclame ensemble.
* Entre autres : L’Arnacoeur, Un plan parfait, A long way down, et, à venir, Un petit boulot.

Le conseil du Vavasseur.

Quelques jours de transat encore. A suivre, ce conseil de Pierre, à propos du très bon livre de François.

Vavasseur

Article paru dans Le Parisien-Aujourd’hui en France, le 19 août 2015.

Cadeau Bonux.

Lafitte

Je connais assez bien Philippe Lafitte pour avoir eu le plaisir de travailler avec lui dans la réclame où il officiait en tant que (très bon) directeur artistique -c’est à dire qui s’occupait des images. Et voilà douze ans déjà, que les images, il les a dessinées avec des lettres, qui ont formé des mots, qui ont tracé des phrases, qui ont donné naissance à Mille Amertumes*, son premier (très bon) roman.
Quatre livres plus tard, le revoici avec un nouveau texte** trépidant à souhait, à la croisée de deux mondes -Belleville et Shanghai ; une histoire d’amour sur fond de voyous, de chocs de culture, de bastons, de mensonges, de peaux douces comme des promesses, et de cicatrices jamais vraiment refermées, creusées à l’époque sombre d’Hô-Chi-Minh, et mille fois ravinées depuis. Un roman vif comme L’Homme de Rio (Philippe de Broca, 1964), sombre comme Roméo et Juliette (William Shakespeare, 1597) ; et tiens, puisqu’on parle de cinéma et de scène, Philippe, en ex (très bon) publicitaire qu’il est, a mis dans son roman un cadeau Bonux : de quoi faire un film jubilatoire et/ou une formidable série télé. C’est ce qu’on lui souhaite au plus vite.

*Mille Amertumes, éditions Buchet/Chastel, 2003. Ont suivi : Un monde parfait, Etranger au Paradis et Vies d’Andy (Le Serpent à plumes).
**Belleville Shanghai Express, Philippe Lafitte, éditions Grasset. En librairie depuis le 4 mai 2015.

Dans la famille Fournier, la maman.

De retour ce soir du Salon du Livre de Bondues (Nord) avec une excellente nouvelle qui devrait atteindre nos rives en septembre.

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