Archive | Les potes.

Après Mick, Pierre.

Vavasseur

L’immense Pierre Vavasseur (journaliste à la plume velue, écrivain doué et poète pudique lorsqu’il ne chante pas) nous revient enfin avec sa guitare, ses grolles graves et des chansons douces comme les chantait ma maman ; apaisantes, même, à côté desquelles dit-il, Carla Bruni, c’est les Shaka Ponk. Ne pas y aller c’est se priver d’un peu de la beauté du monde.
Deux dates, donc : Le jeudi 4 décembre à 20h15 au Café de la Mairie*, 51 rue de Bretagne, 75003 Paris. Et le vendredi 12 décembre à 19h30 au Théâtre de l’Alliance Française**, 101 boulevard de Raspail, 75006 Paris.

* Au premier étage, dans une salle à l’acoustique entièrement rénovée. Le patron apprécierait une conso.
** En ouverture de la soirée « Mots en Musique ». Présentation par Jérôme Clément. Entrée libre. Cocktail après. Très chic, quoi.

À bout de souffle.

Je me souviens de L’Enfant de bohème, un formidable recueil de nouvelles. Et de son rôle de l’inspecteur Vidal dans  À bout de souffle de Jean-Luc Godard. Une belle mélancolie, ce monsieur Boulanger.

28 oct 14 photo

Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants.

On m’a souvent demandé pourquoi les fins de mes livres n’étaient pas heureuses. Parce que, depuis tout petit, depuis qu’on m’a lu des contes, depuis que j’en ai lu moi-même, il y a toujours une phrase qui m’effraie. La dernière. Je ne pouvais pas croire que c’était possible.
Quarante après, Dina Goldstein met des images sublimes sur mon effroi d’alors. C’est une série intitulée Fallen Princesses – qui vient d’obtenir le magnifique Prix Virginia 2014, créé par Sylvia Schildge, une série à découvrir jusqu’au 30 novembre à l’Espace Photographique de Sauroy, 58 rue Charlot, 75003 Paris.

24 oct 14 photo

L’envie pas écrite.

 

Sur la liste de mes envies, je n’aurais jamais osé écrire que le livre devienne une pièce de théâtre, qu’elle serait à ce point extraordinaire (bravo à Salomé Lelouch, Anne Bouvier et Mikaël Chirinian*), et qu’elle connaîtrait une troisième saison. Et pourtant.

18 oct 14 photo

 

 

 

 

À ta santé, Bernard.

2 aug 14

Un été sans alcool, peut-être ; mais surtout, un été avec le livre de Bernard Thomasson. Un été sans alcool est un roman passionnant sur la recherche du père, sur la chute dans les noirceurs du passé (Brive, le massacre du Puy-du-Chien, le 13 novembre 1943) et la naissance des sentiments ; un grand roman sur l’amitié, sur l’échec, la lâcheté, la faiblesse : tout ce qui fait la grandeur des hommes. Bernard écrit vite, il écrit bien, sans fioritures, sans pathos. Il écrit les cœurs qui battent, qui s’essoufflent puis se taisent soudain. Il écrit magnifiquement ces incertitudes qui sont le socle de nos vies. Un été sans alcool est un roman plein de rebondissements à lire d’urgence, à l’ombre d’un pin, un verre de rosé à la main, comme un sang clair, lavé de toutes nos hontes.

Un été sans alcool, Bernard Thomasson, éditons du Seuil, en librairie depuis mai 2014.

Laisse partir ceux qu’on aime.

Avec son chapeau, Paul Vacca est très chic. Il habite un coin chic où il a Sorj Chalandon pour très chic voisin. On imagine leurs discussions chics, dans leurs jardins ensoleillés, dès le printemps : merde fais gaffe, les saucisses crament ; quelqu’un a-t-il pensé au rosé, putain ! parce qu’au-delà de ce qu’on imagine, Paul et Sorj sont d’efficaces bons vivants (on ne peut d’ailleurs pas aussi bien écrire si on n’aime pas la vie). Bref. J’ai rencontré Paul parce qu’il venait de rencontrer L’Ecrivain de la famille. Il fut le premier auteur à m’écrire ce qu’il en pensait, et depuis, nous nous lisons avec bonheur.
Quand j’ai découvert La Petite cloche au son grêle, son premier roman, mes rares poils sur les bras se sont hérissés. J’ai eu soudain froid et chaud et les baisers de ma mère m’ont atrocement manqué et les rires et la vie et tout ce qu’on aime parce tout ce qu’on aime s’en va un jour. Paul a écrit une magnifique histoire d’enfance, de madeleines, d’élégantes cicatrices qui portent si bien leurs noms.
Et pour rester fidèle à sa réputation chic, « La Petite cloche » a obtenu le très chic Prix du Cercle Littéraire Proustien de Cabourg-Balbec.

1 jun 14

Le Livre de Poche. Disponible depuis mai 2013. Merci en passant à Carine Fannius.
De Paul Vacca également : Nueva Königsberg (Philippe Rey, 2009) et La Société du hold-up (Mille et une nuits, 2012).

L’enfance est un conte cruel.

7 may 14

A ce stupide et amusant jeu de cour d’école, « machin pourrait être le fils de truc et de bidule », Philippe Routier est incontestablement le fils de Georges Simenon (hors Maigret) et de Frédéric Dard (hors San Antonio).
Chacun de ses cinq romans possède cette mécanique parfaite, construite autour du destin, des douleurs et des rêves de ses personnages. Ses mots sont des clous pointus, qui parfois enferment les choses, insidieusement ; ses phrases, des chaînes qui délimitent les lieux, les réduisent savamment, jusqu’au moment où l’on retrouve face à soi-même. Il en avait fait la brillante démonstration avec un mort (Le Veilleur du Britannia, 2008), une femme battue (Noce de Verre, 2012), et le voilà qui recommence avec L’Enfant du Parc. Un roman précis, terrible, féroce et plein d’amour, sur ces pertes qui nous inondent, ces désirs qui nous dérèglent, ces enfances qui nous manquent à jamais.

Aux éditions Stock. En librairie dès ce matin, 7 mai 2014.
 Et comme demain est un jour férié, vous aurez un excellent livre à lire, au soleil… dans un parc.