La bûche et l’arbre.

Et nous voilà au dernier jour de cette bien curieuse année 2018 qui vit la vraie colère descendre dans la rue, celle dont pas un de nous n’en porte pas un bout, cette colère de voir notre pays dépouillé par ceux qui en ont la charge parce qu’ils continuent à se considérer comme nos propriétaires. Propriétaires de nos voix, de nos besoins, de notre argent, de nos espérances, de notre futur. De nos vies. Et tant que cette méprise perdurera, qu’ils se prennent des bûches sur le coin du crâne ne nous émouvra pas outre mesure.
Par contre, il est une chose qu’il nous appartient à nous de considérer que nous n’en sommes pas propriétaires. La Terre*.
Et si on demande à tous ces paltoquets de politiciens de nous rendre des comptes, à nous de lui en rendre, à la terre. À nous de nous baisser et de planter à nouveau ce qui sera notre richesse demain, celle de tous ceux qui nous suivront, parce qu’à force de jouer au con, on finit par le devenir. C’est mon vœu pour cette année qui rime avec neuf. Qu’on replante des arbres, qu’on replante la vie, qu’on replante l’amour.
Parce que, comme le chantait Fred Pellerin, dans sa magnifique chanson « Il faut que tu saches » :

Crois comme moi qui cherche à croire
Que l’important c’tait pas d’savoir

mais d’jamais oublier d’chercher
pour ceux qui viendront après toi

Allez, bonne année.

*Et si on remontait dans l’arbre ?, de Tristan Lecomte. Éditions La Mer salée. En librairie depuis le 5 novembre 2015.