Mulligan et Gyllenhaal sont dans le Montana.

 Noël, c’est l’enfance qui se réveille. Après l’ouverture frénétique des cadeaux, le copieux petit déjeuner d’une brioche aux éclats de cassonade, les deux heures passées à jouer dans le petit jardin clos de murs avec les nouveaux jouets, le déjeuner (trop long) chez la mamie qui pour l’occasion a sorti l’argenterie et les mêmes boules chaque années, venait ensuite, pour les enfants que nous étions, le moment du film à la télévision. Ainsi, les jours de Noël, nous vîmes sur une grosse Pizon-Bros, Fanfan la tulipe, Les Trois mousquetaires ou Fort Alamo, en noir et blanc, tandis que les parents, restés à table, continuaient à picoler sévère. Cette année, c’est au cinéma que ça s’est passé. Un premier film formidable de Paul Dano (mais si, vous connaissez, il jouait le frère qui voulait être pilote d’avion dans Little Miss Sunshine) :Wildlife, qui raconte, avec la précision d’un peintre, l’ébrèchement d’une famille fraîchement débarquée dans un Montana au prises avec d’immenses incendies, en 1960. Le retour du grand cinéma américain, comme le fut, en début d’année, l’impeccable Three Billboards.  Et puis, il y a dans ce film, un petit côté Robert Mulligan (mort il y a tout juste dix ans, et merde) dont j’adore tout le travail notamment Un été 42 et Un été en Louisiane. (Note pour le distributeur : il eut été aimable de faire figurer sur l’affiche le nom du fils de ces deux-là. Il est pour beaucoup dans la grâce du film. Il s’agit de Ed Oxenbould).

*Wildlife, de Paul Dano. 1 h 45. Avec Carey Mulligan, Jake Gyllenhaal, Ed Oxenbould.