Archive | Les potes.

Cadeau Bonux.

Lafitte

Je connais assez bien Philippe Lafitte pour avoir eu le plaisir de travailler avec lui dans la réclame où il officiait en tant que (très bon) directeur artistique -c’est à dire qui s’occupait des images. Et voilà douze ans déjà, que les images, il les a dessinées avec des lettres, qui ont formé des mots, qui ont tracé des phrases, qui ont donné naissance à Mille Amertumes*, son premier (très bon) roman.
Quatre livres plus tard, le revoici avec un nouveau texte** trépidant à souhait, à la croisée de deux mondes -Belleville et Shanghai ; une histoire d’amour sur fond de voyous, de chocs de culture, de bastons, de mensonges, de peaux douces comme des promesses, et de cicatrices jamais vraiment refermées, creusées à l’époque sombre d’Hô-Chi-Minh, et mille fois ravinées depuis. Un roman vif comme L’Homme de Rio (Philippe de Broca, 1964), sombre comme Roméo et Juliette (William Shakespeare, 1597) ; et tiens, puisqu’on parle de cinéma et de scène, Philippe, en ex (très bon) publicitaire qu’il est, a mis dans son roman un cadeau Bonux : de quoi faire un film jubilatoire et/ou une formidable série télé. C’est ce qu’on lui souhaite au plus vite.

*Mille Amertumes, éditions Buchet/Chastel, 2003. Ont suivi : Un monde parfait, Etranger au Paradis et Vies d’Andy (Le Serpent à plumes).
**Belleville Shanghai Express, Philippe Lafitte, éditions Grasset. En librairie depuis le 4 mai 2015.

Dans la famille Fournier, la maman.

De retour ce soir du Salon du Livre de Bondues (Nord) avec une excellente nouvelle qui devrait atteindre nos rives en septembre.

IMG-20150329-01777

Soudain un inconnu vous offre un disque.

Un jour, alors que vous êtes dans une sorte de supermarché culturel, un type s’approche de la table derrière laquelle vous installé, et sur laquelle sont posés quelques exemplaires de vos livres. Il vous dit qu’il adore votre travail et qu’il aimerait vous faire un cadeau. Alors il vous donne un disque. Son disque*. Vous le remerciez bien sûr (c’est moins grossissant que des chocolats) et, plus tard, en rentrant sur Paris, bloqué dans les embouteillages, vous écoutez le disque. Et là, paf. Vous avez les tripes qui remuent. Vous pensez aux mélodies d’Ólafur Arnalds. A certains trucs grâcieux d’Alexandre Desplat. Et vous n’avez qu’une envie. Faire savoir qu’un putain de compositeur est né.

La_desillusion_de_lea

*La désillusion de Léa, Stéphane Giardina, Lalouine éditions.

Après Mick, Pierre.

Vavasseur

L’immense Pierre Vavasseur (journaliste à la plume velue, écrivain doué et poète pudique lorsqu’il ne chante pas) nous revient enfin avec sa guitare, ses grolles graves et des chansons douces comme les chantait ma maman ; apaisantes, même, à côté desquelles dit-il, Carla Bruni, c’est les Shaka Ponk. Ne pas y aller c’est se priver d’un peu de la beauté du monde.
Deux dates, donc : Le jeudi 4 décembre à 20h15 au Café de la Mairie*, 51 rue de Bretagne, 75003 Paris. Et le vendredi 12 décembre à 19h30 au Théâtre de l’Alliance Française**, 101 boulevard de Raspail, 75006 Paris.

* Au premier étage, dans une salle à l’acoustique entièrement rénovée. Le patron apprécierait une conso.
** En ouverture de la soirée « Mots en Musique ». Présentation par Jérôme Clément. Entrée libre. Cocktail après. Très chic, quoi.

À bout de souffle.

Je me souviens de L’Enfant de bohème, un formidable recueil de nouvelles. Et de son rôle de l’inspecteur Vidal dans  À bout de souffle de Jean-Luc Godard. Une belle mélancolie, ce monsieur Boulanger.

28 oct 14 photo

L’envie pas écrite.

 

Sur la liste de mes envies, je n’aurais jamais osé écrire que le livre devienne une pièce de théâtre, qu’elle serait à ce point extraordinaire (bravo à Salomé Lelouch, Anne Bouvier et Mikaël Chirinian*), et qu’elle connaîtrait une troisième saison. Et pourtant.

18 oct 14 photo

 

 

 

 

À ta santé, Bernard.

2 aug 14

Un été sans alcool, peut-être ; mais surtout, un été avec le livre de Bernard Thomasson. Un été sans alcool est un roman passionnant sur la recherche du père, sur la chute dans les noirceurs du passé (Brive, le massacre du Puy-du-Chien, le 13 novembre 1943) et la naissance des sentiments ; un grand roman sur l’amitié, sur l’échec, la lâcheté, la faiblesse : tout ce qui fait la grandeur des hommes. Bernard écrit vite, il écrit bien, sans fioritures, sans pathos. Il écrit les cœurs qui battent, qui s’essoufflent puis se taisent soudain. Il écrit magnifiquement ces incertitudes qui sont le socle de nos vies. Un été sans alcool est un roman plein de rebondissements à lire d’urgence, à l’ombre d’un pin, un verre de rosé à la main, comme un sang clair, lavé de toutes nos hontes.

Un été sans alcool, Bernard Thomasson, éditons du Seuil, en librairie depuis mai 2014.

Laisse partir ceux qu’on aime.

Avec son chapeau, Paul Vacca est très chic. Il habite un coin chic où il a Sorj Chalandon pour très chic voisin. On imagine leurs discussions chics, dans leurs jardins ensoleillés, dès le printemps : merde fais gaffe, les saucisses crament ; quelqu’un a-t-il pensé au rosé, putain ! parce qu’au-delà de ce qu’on imagine, Paul et Sorj sont d’efficaces bons vivants (on ne peut d’ailleurs pas aussi bien écrire si on n’aime pas la vie). Bref. J’ai rencontré Paul parce qu’il venait de rencontrer L’Ecrivain de la famille. Il fut le premier auteur à m’écrire ce qu’il en pensait, et depuis, nous nous lisons avec bonheur.
Quand j’ai découvert La Petite cloche au son grêle, son premier roman, mes rares poils sur les bras se sont hérissés. J’ai eu soudain froid et chaud et les baisers de ma mère m’ont atrocement manqué et les rires et la vie et tout ce qu’on aime parce tout ce qu’on aime s’en va un jour. Paul a écrit une magnifique histoire d’enfance, de madeleines, d’élégantes cicatrices qui portent si bien leurs noms.
Et pour rester fidèle à sa réputation chic, « La Petite cloche » a obtenu le très chic Prix du Cercle Littéraire Proustien de Cabourg-Balbec.

1 jun 14

Le Livre de Poche. Disponible depuis mai 2013. Merci en passant à Carine Fannius.
De Paul Vacca également : Nueva Königsberg (Philippe Rey, 2009) et La Société du hold-up (Mille et une nuits, 2012).