Invités #50 et #51. Michel Persitz et Sofi Oskanen.

En fait, je n’avais pas, mais alors pas du tout prévu de les inviter. Mais voilà qu’au début de juillet, dans l’été gris, Michel* m’a envoyé un mail et je l’ai trouvé si plein de beautés, que je vous l’adresse à mon tour, mot pour mot, avec la photo qui l’accompagnait.

« Petit bouquin**, même pas 100 pages. 
Grand livre.
Le bandeau retiendra sans doute la main virile des mecs qui préfèrent lire un bon polar torse nu sur la plage et la main de gauche de ceux – également lâches – qui redoutent de lire un livre de « nana féministe » et se planquent à la terrasse des cafés derrière le best-seller d’Obama ou celui de Yuval Harari.
Tant pis pour eux.
De toute façon à terme, ils sont cuits. 
En voie d’extinction.
Pourront plus se reproduire.
Désert et quequette blues.

Une jupe trop courte.
Le bandeau fait du marketing.
Il est fait pour ça.
Le bandeau ne dit pas que ce sont des poèmes.
Le bandeau ne dit pas que c’est terriblement beau. 
Le bandeau ne dit pas que le lecteur va avoir les tripes nouées.

Le lecteur va se découvrir nu, au travers du regard de l’autre.
La merveilleuse, précieuse, autre.
Grand ménage pour les méninges des messieurs.

6,90€ le nettoyage mental. C’est donné.

Les dames peuvent offrir aux messieurs timides… »

*Juif de Personne. Éditions Lattès (2018).
**Une jupe trop courte, de Sofi Oskanen. Inédit. Points, coll Points Poésie. En librairie depuis le 6 avril 2021.
PS. L’ai commencé hier soir. Michel a 100% raison.