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Interview plutôt cool.
Par Dana Philp.

Mon Dieu… un troisième livre. Comment fais-tu ?
Je dors mal, ce qui me laisse le temps de rêver. Et il y a certains rêves que j’ai envie de partager. Comme celui-ci.

Le titre, « La première chose qu’on regarde » est très beau. Quelle en est l’inspiration ?
Le désir. Je me suis toujours demandé ce qui était à l’origine du désir de l’autre. Est-ce cette première chose qu’on regarde? Un regard, des seins, des fesses, un geste, un soupir, sourire, une illusion, une myopie ? Est-ce cette première chose qui est à l’origine de l’amour, du sexe ou de la baffe qu’on se prend ? Est-ce un énorme malentendu? Il y a un très beau mot d’argot qui désigne les seins d’une femme. C’est « avant-coeurs ». L’homme regarde les seins (origine du désir) mais là où ils conduisent, c’est le coeur (le lieu de l’amour).

Et pour toi, c’est quoi la première chose que tu regardes par rapport à… L’amour ?
Ça dépend si c’est juste pour le faire ou le vivre. Pour le faire, le visage. Pour le vivre, les yeux.

… Le désir ?
Une forme d’érotisme : quelque chose du corps, synonyme d’autre chose.

… La beauté ?
Un peu de tristesse. La beauté qui me touche possède toujours quelque chose d’un peu triste qui me rappelle peut-être que ça ne dure pas. Que je dois en profiter. M’en repaître.

… L’amitié ?
Je ne sais pas. Des bras forts peut-être.

… Le bonheur ?
Sa possibilité.

… Le miroir chaque matin ?
Le temps qui passe. Un petit peu trop vite à mon goût.

2012 était une année extraordinaire pour toi et ton deuxième livre : plus de 430.000 exemplaires vendus, plus de 35.000 déjà en Allemagne, 32 pays, l’adaptation pour le théâtre et le cinéma. Quel est ton meilleur souvenir ?
Il y en a plein. Ces chiffres-là. Les six cents lettres de lecteurs aussi. Les rencontres magnifiques, gratuites, honnêtes, autour de ce miracle-là : les mots, l’histoire de Jocelyne, la joie qu’elle procure, l’envie d’en parler. Les débats interminables autour de la question « et moi, je ferais quoi ? ». L’accueil des libraires.

Le pire ?
Les « à dimanche » que je dois dire à ma femme lorsque je pars en Salon.

Le souvenir le plus drôle ?
Je rêvais de rencontrer fortuitement quelqu’un en train de lire mon livre. C’est arrivé dans un train qui me ramenait d’une signature chez un libraire. Une jeune femme, plutôt agréable. Je l’aborde en lui demandant si elle est en train de lire le livre (qu’elle a dans les mains… quel crétin). Ça se voit, répond-t-elle. Et ça vous plaît ? Oui, j’ai hâte de connaître la fin. Alors moi, tout sourire : c’est moi qui l’ai écrit. Et elle haussant les épaules, la moue lasse déjà : C’est ça, c’est ça allez ! Et je retourne penaud à mon siège, horrifié d’avoir été pris pour un vieux dragueur.

Le plus touchant ?
Cet homme à Lille qui me dit : « Vous savez, j’offre un bouquet de fleurs par mois à ma femme. Eh bien je viens de lire votre livre (La Liste de mes envies) et je crois que ce n’est pas assez. Merci ».

Le plus inattendu ?
Jean-Christophe Ruffin qui m’embrasse au salon du Livre de Caen et  me dit « Je suis content que tu sois là ».

Depuis ton succès, comment ta vie a-t-elle changé ?
C’est une nouvelle vie qui s’est greffée sur la précédente. Parfois c’est dur de jongler. Mais à l’arrivée, même lessivé, c’est formidable.

Et tes rêves pour 2013 ?
Que La première chose qu’on regarde soit la première chose qu’on regarde quand on entre dans une librairie.