Une Nuit particulière.

En librairie le 1er mars 2023.

Ce sont les éditeurs qui en parlent le mieux.

Après L’enfant réparé qui semble, dans un certain sens, être le point d’arrivé de tout ce que tu as écrit avant, Une nuit particulière est-elle un nouveau départ ?
L’Enfant réparé, c’est le livre de mes neufs premiers livres — c’est d’ailleurs un journaliste au salon du livre de Genève qui m’a fait remarquer ces « neuf mois ». Un livre qui éclaire ce que les précédents recélaient et que je ne voyais pas : l’abus sur moi de mon père. C’est donc un livre, tu as raison, qui boucle un cycle d’écriture. Plus de dix ans d’analyse, en quelque sorte.
Je ne sais pas si Une nuit particulière est un nouveau départ ; je l’ai écrit comme un premier roman, c’est-à-dire sans la conscience de faire un livre au sens où il serait édité. J’ai écrit en toute liberté stylistique une histoire ancienne en moi, qui tisonne le couple et le désir et tu sais à quel point j’ai pu être guimauve en lisant Sur la route de Madison, en regardant Love Story ou en pensant à Ethan Frome.

Te connaissant, un livre d’amour me semble un peu « simple » comme sujet …
Une nuit particulière n’est pas une histoire d’amour. C’est une histoire sur l’amour. Sur la beauté de l’amour. Sur la tragédie de l’amour. Sur la nécessité de l’amour. Sur la fragilité de l’amour. Sur son incertitude et sa douleur. Sur son évidence et son poids de pierres. L’amour n’est pas une chose abstraite. Il est une bousculade. Un saut dans le vide. Il est toujours une improbable rencontre.
Quand mon arrière-grand-mère est morte, il y a bien longtemps, elle avait vécu 97 ans dont près de 80 auprès de mon arrière-grand-père. À l’issue de l’enterrement celui-ci déclara à son intendante qu’il resterait désormais dans sa chambre. Qu’il y prendrait désormais tous ses repas. Quatre jours après, il était mort.        
Un couple, c’est aussi un chagrin qui n’est pas triste. C’est une histoire qui s’écrit à chaque pas. Et c’est justement parce que rien n’est écrit d’avance qu’on écrit des livres. Une Nuit particulière, est l’un de ces livres-là.

En te lisant, j’ai toujours envie de noter ou relire des phrases à cause de leur beauté ou leur manière de voir le monde. C’est un parti pris ?
Oh, c’est gentil, mais non, je ne crois pas que ce soit un parti-pris. J’écris comme ça et cela me vient sans doute de ma grande amitié pour la poésie — cet art de faire ressentir sans expliquer. Une nuit particulière a puisé son écriture dans la poésie, dans cette liberté que j’évoquais un peu plus haut. Elle permet de dire de choses d’une façon différente, et c’est qui marque, la différence ; c’est ce qui fait prendre un regard de côté. Comme « ce chagrin qui n’est pas triste ». Et puis j’aime les livres où des assemblages de mots m’arrêtent, où je me dis waou ! je n’avais jamais lu, jamais vu ça. En ce moment, par exemple, cette merveille barbare d’Ananda Devi : « Pataugez bien dans ma matière, dans ce que je vous laisse de mon corps. C’est là mon choix ».Rien de plus triste qu’un livre duquel tu n’emportes rien, qui ne te laisse aucune cicatrice.  

Mais dans ce livre ci, il y a aussi une construction particulière. Plus « policière », ai-je envie de dire.
C’est amusant ce que tu dis parce que lorsqu’elle l’a lu, Juliette Joste, mon éditrice, m’a parlé de « thriller amoureux ». J’aime bien cette idée. Qu’il y ait, dans Une nuit particulière, un suspens en quelque sorte, car avec l’amour, on ne sait jamais comment cela va finir. Ni même s’il va commencer d’ailleurs. 

Dans ce texte, tu dépasses la simple notion de couple et développes l’idée d’altérité qu’on pourrait presque, étymologiquement, définir par « qui parle une autre langue ».
Aurore et Simeone, mes deux personnages, dépassent chacun leur propre langage pour trouver celui de l’autre, pour comprendre l’autre, le ressentir, le vivre. On est ici au-delà de l’amour ; on est dans quelque chose de plus grand que soi qui justement est peut-être l’autre. À la fin du livre…

Chut ! N’en dis pas plus. J’ai trouvé la fin incroyable, tellement inattendue.
Merci.
Merci à toi.

La couverture, enfin, encore à l’état de maquette. J’adore depuis longtemps le travail du photographe François Fontaine, et voilà qu’il est là.

Les Secondes, ci-dessus, sont arrivées. C’est un toujours un émerveillement pour moi, ce temps de composition du texte. Les mots ont bougé dans la page, leur emplacement leur dessine une nouvelle géographie, presqu’une autre respiration, une autre émotion.

La nuit dansent les bars.

Page 72.

L’exercice des dédicaces du Service de presse a commencé. Sur des étiquettes qui seront collées à Paris dans les livres, puis envoyées aux journalistes. Puis on croisera les doigts.

Dans Une nuit particulière, l’automne se dissout dans la nuit.

Page 55.