Archive | juin, 2018

Samedi 30 juin 2018, fin d’après-midi.

30 juinAprès la poésie de l’après-midi (ci-dessous), une soirée, me dit-on, qui s’articule autour de séances de signature, apéro, en compagnie de nombreux auteurs et illustrateurs présents : Olivier Bourdault, Gaëlle Josse, Adrienne Barman, Buche, Emile Cucherousset, Camille Jourdy, Xavière Devos, et moi.
Bref, le secret d’une ambiance réussie, comme le promettaient Ben et Nuts, dans leur célèbre pub. Venez tous vous régaler !
À partir de 17 heures. « Fête de l’été » à la Librairie Climat, 5 Rue Vallon, 74200 Thonon-les-Bains.

Samedi 30 juin 2018, début d’après-midi.

Samedi 30 juin
Il fera longtemps clair ce soir, les jours allongent / La rumeur du jour vif se disperse et s’enfuit / Et les arbres, surpris de ne pas voir la nuit /Demeurent éveillés dans le soir blanc, et songent…, écrivait Anna de Noailles en 1901 dans son recueil Le cœur innombrable.
Au début de l’été, des jours qui s’allongent, dans les soirs blancs, parfait pour lire des livres, il était normal que je réponde « oui » à la demande de la Médiathèque qui porte le nom de cette poétesse délicate et que je vous y rencontre pour parler de la poésie du temps qui ne passe plus sur le visage de Betty, l’héroïne de « La femme qui ne vieillissait pas ».
15 heures. Médiathèque Anna de Noailles, 1099 ia, Avenue de la Rive
, 74500 Publier.

La nostalgie n’est plus ce qu’elle était.

Courtès 4.Avec La dernière photo* (comme il y avait La dernière séance) et comme dans Sur une majeure partie de la France**, son précédent livre, Franck Courtès nous emmène de nouveau au lieu d’avant. À sa vie d’avant. Car avant d’être un jeune écrivain, Franck était un vieux photographe. Il remonte le fil du temps de cette vie d’avant qui était mieux, où l’on prenait le temps justement, de humer la campagne avant d’en faire une image, le temps de connaître un homme avant de le portraiturer, le temps de prendre la pose, d’aimer ce que l’on faisait, le temps d’attendre que le bac à révélateur ait la dernière image – comme on a le dernier mot.
Franck écrit au passé simple ce passé perdu, avec, comme encre, cette mélancolie qui affleure, intarissable et grave. Les temps ont changé, le numérique est arrivé et avec lui la facilité, la vulgarité et la vitesse, et les hommes ont changé aussi : l’agent de Tom Hanks n’accorde qu’une minute pour faire un portrait de la star et la méchanceté de Joey Starr écœure ; il n’en fallut pas plus au photographe pour jeter ses instruments aux orties, tourner le dos à ce monde qui l’avait enrichi (dans toutes les acceptions) et surtout, avait rendu sa mère fière de lui. Le voici, à la fin du livre mais au début de sa nouvelle vie, dans une maison de campagne, près d’un poêle rougeoyant où il se lève à sept heures pour écrire des images avec des mots cette fois. Des lettres sombres sur du papier clair.
Du noir et blanc en somme, comme au bon vieux temps.

*La dernière photo, de Franck Courtès. Éditions Lattès. En librairie depuis le 11 avril 2018.
** Ed. Lattès, 2016.

Vendredi 29 juin 2018.

29 juin 1AFFICHE NUIT BLANCHE PHOTO

C’est parti pour la cinquième Nuit blanche des livres, à la Garenne-Colombe, orchestré par Nathalie Iris de l’incontournable librairie « Les Mots en marge » ; une nuit parrainée par Jean-Christophe Ruffin, avec un coup de projecteur (pour mieux voir la nuit) sur l’oeuvre d’Annie Ernaux, ainsi qu’une incroyable brochette d’auteurs qui donnent envie de ne pas rentrer se coucher.
De 18 heures à minuit, Nuit blanche des livres, Place de la Liberté, 92250 La Garenne-Colombe.

Lundi 25 juin 2018.

Menu spécial pour notre centième rencontre depuis janvier 2017 : aux célèbres salades Deux Magots, bar à la plancha aux petits légumes et tartare de bœuf façon Deux Magots, se substituera ce lundi 25 juin une carte éphémère du soir dans la célèbre brasserie. En entrée, dès 19 h : une salade Claire Chazal, une cocktail Philippe Delerm, une viande sérieuse Jacques Ravenne et un dessert bibi. Bref, un menu concocté de main de Chef pour fêter l’été littéraire des Deux Magots.

25 juin 2018

Dès 19 heures. Les Deux Magots, 6 place Saint-Germain des Près, 75006 Paris.

Deux fois merci.

Vu à la Librairie Fontaine, Paris, que je remercie, et photographié par Laure Merveille, que je remercie.

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Que devient-on après la violence ?

Gilquin 2Il est très difficile, semble-t-il de « survivre » après un premier livre (malheureusement) formidable sur son malheur. Ainsi Régine Salvat qui, après avoir raconté dans un livre étourdissant, la poignante odyssée de son fils 1 qui demandait à Sarkozy le droit de mourir, nous a offert, deux ans plus tard, un discret roman 2 de terroir et depuis, dommage, plus de nouvelles. Margaux Gilquin, elle, après avoir raconté dans Le dernier salaire 3 sa galère de quinqua en fin de droits, un texte urgent et grave, revient avec un roman-récit qui en est, me semble-t-il, la suite poétique, et annonce l’éclosion, certes encore timide, mais l’éclosion d’un écrivain. Dans Apprendre à danser sous la pluie 4, on la retrouve, après le succès de son récit, à la campagne sous les traits de Laura, dans ce temps qui s’étire et succède aux grands fracas, où elle se reconstruit lentement ; dans ce calme justement qui permet enfin d’affronter ses démons, comme la mort d’une sœur jumelle sur la RN7, un jour de juillet 1968 – à croire que c’est toujours l’innocence qui se fait emporter en premier. Margaux-Laura retrouve alors son passé au moment ou elle perdait son futur et découvre que le présent est le seul lieu de vie possible. Malgré quelques maladresses encore, notamment dans le récit de la reconstruction amoureuse (mais les coups qu’on prend n’abîment-ils pas aussi les mots pour le dire ?), Margaux Gilquin célèbre avec son premier roman le triomphe de la plus belle des solidarités : l’amitié. Et ça, ça vaut son pesant de cacahuètes

1. Une histoire à tenir debout, de Régine Salvat. Éditions Lattès, 2011.
2. Bugarach, le mystère de la femme oiseau, éditions TDO, 2013.
3. Le dernier salaire, de Margaux Gilquin, Éditions XO, 2016
4. Apprendre à danser sous la pluie, Éditions Lazare et Capucine, 2018.