Archive | février, 2019

J’aime Robert Mulligan.

J’aime Un été 42. J’aime Un été en Louisiane. J’aime L’autre, plus sombre et plus violent. J’aime les films de Robert Mulligan. Son impressionnisme. Son art de décaper les tourments et les désirs des adolescents. J’aime sa caméra qui écrit si bien ces étés qui changent toute une vie. Du coup, j’adore le second roman* de Bruno Masi, La Californie, qui parle si bien de l’été de Marcus, treize ans, où tout va basculer, dans une violence sourde et belle, et je regrette juste que Mulligan ne soit plus là pour nous faire un putain de bon film d’un putain de bon livre.
*La Californie, de Bruno Masi. Éditions Lattès. En librairie depuis le 30 janvier 2019. Prix Marcel Pagnol 2019 (dont j’ai l’honneur d’être juré depuis cette année).

Les cordonniers sont les plus mal chaussés.

C’est difficile de parler son propre livre* comme je le fais des livres des autres, avec recul et joie, aussi, je vous propose cette fois de lire l’article de Marie-Lucile Kubacki, paru dans le magazine « La Vie » du 21 février – et son avis m’était précieux. Alors merci.
*Mon Père, aux éditions JC Lattès. En librairie depuis le 20 février 2019.

Les deux filles de Sempé.

Petits moments de solitude*, de Nadège Fougeras et Johanna de Beaumont, c’est du Sempé qui ne dessinerait qu’avec des mots. Voici soixante anecdotes, comme soixante dessins du Maître, qui croquent la solitude de soixante grands fauves d’aujourd’hui – entendez un commercial de café lyophilisé, un directeur de clientèle soit un commercial, une amie, une invitée à un mariage, une belle-fille, une blogueuse, un graphiste, etc – à qui il est arrivé ce grand moment embarrassant, cette réplique, cette situation qui crée un vrai malaise. Chacun d’eux y va de son souvenir. Il y en a des drôles, des tragicomiques, des inattendues, une vulgaire et ce qui revient le plus souvent, et qui est aussi l’une des plus vieille blague du monde, comme quoi, on ne change pas tant que ça : c’est être entendu par la personne dont on se moque. Picorer, comme le recommandent les auteurs, dans ce petit livre jaune amusant permet de pimenter ces journées grises qui se ressemblent tant en ce moment et de les ensoleiller.

*Petits moments de solitude, de Nadège Fougeras et Johanna de Beaumont. Éditions Le Toucan. En librairie depuis le 30 janvier 2019. (Bravo à Nadège qui fut l’une des mes épatante élèves d’un atelier d’écriture du Figaro Littéraire).

Mercredi 20 février 2019.

Retour aux « Beaux Titres » à Levallois, l’exceptionnelle librairie de Patrice et toute sa joyeuse bande de passionnés pour y évoquer la sortie de Mon Père, parler de ce qu’il contient et qui en surprend déjà plus d’un. Et s’il y aura quelques moments de gravité – je serai bref, promis – il y aura aussi et surtout un grand moment de joie, celui de tous nous retrouver. Bien sûr, champagne et vins fins seront de la partie. Enfin, pour illustrer ces Beaux Titres, je ne peux, cette année résister à l’envie de partager ci-dessous celui que je trouve être l’un des plus beaux titres de livre.
19 heures. Librairie Les Beaux Titres, 61 Rue Voltaire, 92300 Levallois-Perret.

Deux ans de tôle.

Voici un livre dont on récemment beaucoup parlé et qui tombe pile au moment où Bruxelles refuse la fusion Alstom-Siemens. Car il s’agit, dans Le Piège américain*, des forfanteries d’Alstom et de l’histoire vraie de l’un de ses cadres, emprisonné à sa descente d’avion – comme un certain DSK qui le fut pour des raisons autrement sordides et dont les hommes ne semblent toujours pas guéris. À sa descente d’avion donc, Frédéric Pierucci est arrêté et emprisonné et le récit démarre comme un Grisham grand cru. Rythme. Rebondissements. Et surtout ce poison qui se diffuse au travers des mots qui feraient office de patchs : l’injustice à l’état pur, et on pense aussitôt à toutes ces histoires de faux-coupable (dont le formidable Le faux coupable, justement, du grand Alfred). Et passent les pages et la tension ne retombe pas (bravo aux auteurs) et deux choses pointent le bout de leur nez. Un, l’immense saloperie d’Alstom et de son P-D.G Patric Kron qui préfère sacrifier ses gars et la boite plutôt que de risquer la tôle pour corruption avant d’être remercié avec des millions d’euros dans les fouilles, ben voyons. Et deux, le doute raisonnable quant à l’innocence virginale de l’auteur, car si je sais bien qu’il existe des erreurs judiciaires, on n’enferme quand même pas un honnête cadre français deux ans dans une prison américaine. À l’arrivée, un bouquin comme un thriller qui ne fait pas honneur aux grosses entreprises ni à leurs boss. (L’affaire Ghosn, et je respecte la présomption d’innocence, pue quand même des pieds, elle aussi).

*Le piège américain, L’otage de la plus grande entreprise de déstabilisation économique témoigne, de Frédéric Pierucci et Matthieu Aron. Éditons Lattès. En librairie depuis le 16 janvier 2019.

Glissez le meilleur anti-âge du monde dans votre poche.

La femme qui ne vieillissait pas, enfin au Livre de Poche, ou comment découvrir que l’estime de soi, la joie de vivre et au fond l’amour, sont les meilleurs anti-âge possibles. Et dix fois moins cher qu’un anti-âge.

Trévidic akbar (2) !

On en parlait déjà ici, le 16 avril 2018, et on se réjouissait à l’idée des prochains tomes de Comptes à Rebours, la trilogie en bande dessinée de Marc Trévidic sur le terrorisme au travers d’une enquête du juge Antoine Duquesne. Voici enfin le tome 2*, « Le piège de verre », mené tambour battant, plus rapide encore que le précédent, avec une imagination terrifiante dans l’art de perpétrer un attentat (mais où Marc va-t-il chercher ça ?), une mise en page ultra-moderne, digne d’une série netflixienne et, au milieu du verre brisé, des chairs arrachées, ce juge qui se débat dans une kafkaïenne administration française. Vite, le troisième tome, Marc. Et pas dans un an, s’il te plaît.

*Compte à rebours, Le piège de verre, (tome 2), de Marc Trévidic et Matz, dessins de Guiseppe Liotti. Éditons Rue de Sèvres. En librairie depuis le 23 janvier 2019.