Archive | septembre, 2026

Parfois, tout est dans le titre.

Fuck Circus*. Nique le cirque. Le cirque de la baise. Baiser est un cirque. Baise au cirque. Peu importe la traduction, ici, elles sont toute valables. Avec son Fuck Circus donc, après son très apprécié Carnes,prix Sade du premier roman, Esther Teillard nous invite à passer une nuit au cirque. Mais pas n’importe lequel. Un bar. Le Mythe. Là où se rend son héroïne juste après avoir été plaquée par son julot, Gabriel, dont « le sperme lui créait des conjonctivites » (page 217). Ici, dans les heures moites de la nuit, par la puissance d’une écriture organique, minérale parfois, on sa l’impression d’être dans la salle de montage d’un Fellini ou d’un Pasolini, à visionner des rushes qui tentent de saisir le désir, la littérature, le cul du monde, la violence, les gros seins, les doigts qui farfouillent, les queues qui visitent des chattes avec la même langueur, précise l’auteure, d’une main qui s’enfonce dans du sable humide. Voici le cirque de nos névroses et de nos rêves, jusqu’à la folie, jusqu’à la fin, l’homme au fusil de chasse qui tue parce qu’on ne lui récite pas de littérature — mais se récite-t-elle seulement ? — jusqu’à l’aube glauque où les monstres du cirque défilent en pleine lumière cette fois, parce qu’à part l’amour impossible et la littérature perdue, il n’y a plus rien à sauver.

*Fuck Circus, de Esther Teillard. Aux éditions Grasset. En librairie le 26 août 2026.