
Revoici la prolifique Amélie Antoine avec un agréable roman —même si l’adjectif « agréable peut » sembler incongru au vu de son sujet — qui met en scène la rencontre à Dunkerque entre une famille bien sous tous rapports et une famille de migrants, venue d’Afghanistan.
La rencontre a lieu de nuit, sur une route de bord de mer. Lorette, l’ado de la famille française, s’émeut de cette minuscule caravane triste qui compte le papa, la maman (enceinte) et une ado, Sahar. Bien sûr la famille française accueille chez elle la famille afghane. Entre les couples et surtout les ados les liens se tissent. L’une raconte son pays, les talibans, la violence, l’exil, les deux années de marche de Kaboul à Paris ; l’autre raconte les cerfs-volants, la cuisine locale, l’école, les glaces à la vanille, et toutes deux se promettent de toujours rester amies.
Mais voici qu’une nuit, les Afghans quittent la maison sur la pointe des pieds, c’est le moment de la traversée, le passeur les attend avec trois cents autres migrants en partance de nuit pour l’Angleterre. Le livre se termine sur cette phrase « Elle s’appelait Sahar ». La référence n’échappera à personne.
Quatre millimètres à peine est un roman « jeunesse », idéal à offrir à nos ados pour leur montrer qu’il existe un monde réel au-delà des tutoriels GRWM, de Food Hacks, de Life Hacks et de gaming, un monde vrai qui enseigne un peu d’humilité et de miséricorde.
*Quatre millimètres à peine, d’Amélie Antoine. Aux éditions Syros. En librairie depuis le 6 février 2026.