Espérons qu’il n’y ait pas de tome 5.

Voici le quatrième tome* des mémoires d’un immeuble de la rue Edmond Rostand à Toulouse, vues, vécues et racontées par Louise, l’une de ses habitantes et qui décrit 4 ans et 4 mois de dinguerie (je cite), à cause de la présence des « hurlants » à l’appartement 7. 
Les hurlants, dans son vocable, ce sont ces gens qui pendant toutes ces années ont mis le chaos dans la résidence. Incivilités. Injures. Jets d’ordures par la fenêtre. Bris de vitres. Crevaisons de pneus. Chiens attachés au balcon qui aboient H24. Menaces. Agressions. Boucan. Musique à fond, surtout la nuit. Cris. Hurlements. Bastons. Et malgré des dizaines de signalements, de relances, de saisie du procureur de la République, rien n’y fit pendant 4 ans et 4 mois. 
Mais ça y est enfin. Les hurlants ont été dégagés par la police. C’est le sujet de ce dernier tome.
Lire ces « Tom et Louise « (la mère et le fils), c’est entrer de plain-pied dans l’horreur ordinaire qui mène au dégoût de sa propre vie car que peut-on faire quand on ne peut plus rien faire ?
Ces quatre petits livres ne ressemblent à rien de ce que je chronique d’habitude ici. Ils sont, ici et là, persillés de fôtes d’ortogtafe et je les aime ces fautes, elles ressemblent à un argot, un accent régional, presqu’une langue, car Michelle Brun écrit comme on cause, dans ses tripes, dans l’urgence, la colère, la nécessité, et parfois avec beaucoup d’esprit. Ce qui rend cette entreprise hautement salutaire.

*Tom et Louise et les hurlants de la rue Edmond Rostand, tome 4 (et les trois autres), de Michelle Brun. En vente via l’auteur : michelle.brun@orange.fr