
Au début étaient Les égouts de Los Angeles, un premier roman crépusculaire, poisseux et magnifique. Personne ne s’y trompa puisqu’il se vit remettre de prestigieux Prix Edgar du premier roman. Furent ensuite quelques autres histoires de son héros récurrent, Harry Bosh, jusqu’au chef d’œuvre, Le Poète. Je continuai à être fidèle à Connelly mais, de livre en livre, je me sentais moins tenaillé, moins embarqué et puis, j’ai fini par laisser tomber.
Cherchant un « feel good « après une année de lectures « sérieuses » et n’aimant pas trop les trop nombreux romans des Bécassines d’aujourd’hui, je replongeai avec ce dernier opus, Sans âme ni conscience* qui, prétend le marketing, met en scène un procès fait une entreprise d’IA. Mais voici qu’au même moment, par le plus grand des hasards, je regarde la série Lincoln Lawyer et découvre qu’il s’agit du même personnage récurrent que dans mon livre et, bien que les « procès » soient différents, la structure est la même, les rebondissements les mêmes, le plaisir le même, le déplaisir itou, et je me suis mis à penser que cet auteur (que je tenais pour fils littéraire de l’immense Lawrence Block) était tombé dans une pattersonite** aigue. On annonce d’ailleurs deux autres romans de Connelly cette année. Soit un rythme comparable à Vi Keeland, la dadame des Romance de bureau et autres com-roms.
En conclusion, préférez Les égouts de Los Angeles, Le poète et, de Lawrence Block, Huit millions de façons de mourir et La balade entre les tombes. À bon entendeur.
*Sans âme ni conscience, Une affaire de Mickey Haller, de Michael Connelly, aux éditions Calmann-Lévy. En librairie depuis le 14 janvier 2026.
** « Pattersonite », d’après James Patterson, qui a élevé la rédaction de romans policiers à une industrie pondeuse de livres, 350 à ce jour, écrits par plein de gens différents auxquels il donne un pitch, et roule ma poule.