« Si je t’aime, prends garde à toi. »

Voilà un vieux jeune livre. Je m’explique.
Vieux, car il appartient à la famille des histoires de James M. Cain, James Hadley Chase, Robert Bloch, des classiques, à savoir un meurtre, ou tentative de meurtre, à cause d’une histoire d’amour.
Et jeune, car les amants ici sont des amants, au masculin. L’un qui assume parfaitement son homosexualité, l’autre qui la cache à sa famille. Et lorsqu’ils se rencontrent, dans une passion qui n’a d’absolue que l’amour sincère qu’ils éprouvent l’un pour l’autre, le passé avec lequel on n’en a jamais vraiment terminé refait surface car, c’est bien connu, le bonheur des uns fait toujours le malheur des autres. Ou en tout cas sa damnation.
Thomas d’Halluin nous livre ici un premier roman divertissant en apparence et plus douloureux quand on gratte : une mise à nu de la difficulté d’être, d’aimer qui on veut, comme on veut, et démontre un vrai talent qui porte de jolies promesses de romans à venir. « Une révélation », comme l’écrivait très justement Pierre Vavasseur à son propos.

*Une nuit sans aube
, de Benoit d’Halluin. XO éditions. En librairie depuis le 10 mars 2022.