Archive | mai, 2014

Ah, Mireille (s).

Je connais trois Mireille. Darc. Mathieu. Et Calmel. La première, inoubliable dans cette robe noire dont l’échancrure dans le dos, révélait deux fesses pommelées, accueillantes. La deuxième, dont la frange immuable plaisait (surtout au Japon) ainsi que son histoire triste de « mes très nombreux frères et sœurs que je m’occupe ». Et la troisième avec ses mots, ses livres à succès et son immense gentillesse.
J’ai rencontré Mireille Calmel au salon du Livre de Nice il y a deux ans et l’incroyable dévotion de ses lecteurs m’a donné envie de découvrir ses histoires. Le Bal des Louves (tome 1 et 2, oui). Lady Pirate (tome 1 et 2, oui, oui ; au fait, fais-toi du mouron, Angélique). Et il m’est apparu qu’au-delà de l’aspect roman historique, Mireille sondait les douleurs des femmes. Explorait leurs failles. Découvrait leurs forces. Et nous en livrait quelques unes, écorchées et inoubliables.
La voilà aujourd’hui qui nous présente sa Marquise de Sade. Un épatant roman (historique) épistolaire sur le désir, l’amour et le cul ; avec des jardins, des buissons, des boutons ; avec une immense euphorie qui me laisse penser que Mireille n’a pas fini de nous régaler.

29 May 14

Mireille Darc. Le grand blond avec une chaussure noire (1972). Réal : Yves  Robert.
Mireille Mathieu. Disque d’or (1973). Polydor.
Mireille Calmel. La Marquise de Sade (2014). Editions XO. Par contre, pour « la bogue de châtaigne aux épines coupées court et enveloppée de cire », je crains que vous ne deviez la réaliser vous-même. Prix Coeur de France 2015.

Après Jocelyne, Jeanine.

Voici enfin La Première chose qu’on regarde au Livre de Poche (merci au passage à toute l’équipe pour la très joyeuse couverture) ; une histoire d’amour qui parle aussi de cinéma, c’est-à-dire d’illusions, de trucages, d’apparences. Donc de nous.

28 may 14

Invité #6. François Kermoal.

François Kermoal est journaliste. Mais c’est surtout une sorte de grand timide. Ou de vrai modeste. Il a écrit pendant des années, chaque semaine, un éditorial brillant sur le monde (curieux) de la pub dans Stratégies dont il était rédacteur en chef. Puis il s’est attaqué à faire de L’Entreprise un mensuel moderne (sans porter un T-shirt rayé blanc et bleu). Et il y est parvenu, juste au moment où les entreprises devinrent malaimées (à partir du 6 mai 2012 environ). François écrit mieux que bien ; un jour il fera un livre, ou réalisera un film. Il hésite encore. Il croit à Internet, à la technologie, au digital, et certains soirs, quand on discute de ce monde-là (merci le petit Ventoux), il me trouve ringard. Je lui ai demandé de nous présenter l’un des ses coups de cœur.

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« Que ferions-nous si nous pouvions changer le passé ? En profiterions-nous pour (nous) inventer une autre histoire, un autre destin? Quand Elias Ein, un septuagénaire un peu fatigué par la vie, débarque à Braunau pour y couler une retraite paisible, il ne se doute pas que la maison qu’il vient d’acquérir dans ce bourg autrichien paumé renferme un trésor : une bibliothèque qui sert d’écrin à toutes les vies du monde. Le Livre secret va faire basculer la sienne, au propre et au figuré. Ce premier roman haletant de Gregory Samak, écrit comme une conte, est aussi une belle histoire littéraire. Le livre a d’abord été auto-édité par son auteur dans une version numérique pour Kindle. Les commentaires élogieux de ses premiers lecteurs ont persuadé Flammarion Versilio de l’imprimer sur papier. Pour de vrai. »

 

 

 

 

 

Je te donne mon coeur. (Ou mes reins. Mon foie. Mes poumons).

Un jour, quelqu’un m’a dit « je n’ai pas lu votre livre parce que tout le monde le lit ». J’avais trouvé ça un peu excessif mais lorsque le livre de Maylis de Kerangal est paru, quand toutes les critiques étaient dithyrambiques, quand tout le monde disait vouloir le lire, j’ai compris le quelqu’un ci-dessus. Il me semblait alors que je voulais découvrir ce texte au calme, loin des autres ; loin de ce qu’ils pensaient/penseraient. Je viens de le lire (à un curieux moment de ma vie puisque mon père vient de s’en aller, que personne n’a pu le réparer). C’est un livre puissant, agaçant, trop long, trop court ; un texte qu’on a envie de gifler puis d’embrasser. Comme la vie. En cela, Réparer les vivants, est important. Je n’ai pas pu ne pas (merci Kant) m’empêcher de penser à Sept Vies (l’immense film de Gabriele Muccino, écrit par Grant Nieporte). De Kerangal dissèque. Muccino aime. Les deux sont magnifiques. Reste cette terrible question. Peut-on mourir quand on vit en quelqu’un ?

24 may 1424 may 14 bis

Réparer les Vivants, aux éditions Verticales. Sept Vies, en dvd.

Écoutez.

7 apr 14 bis

Il y a vingt ans paraissait chez Plon « Le grand silence », le dernier livre de Loup Durand, un temps présenté par Bernard Pivot comme étant le nègre de Paul Sulitzer (qui rime, en vain avec Pulitzer). L’histoire de Saorge, qui possède un don épouvantable, celui de lire dans l’esprit des animaux et d’entendre nos pensées (hum, hum). Sa tête alors « encombrée de souvenirs encombrants » comme disait Jean Rochefort dans le « Mari de la Coiffeuse », il fuit le bruit, le monde, se réfugie dans le Grand Blanc. Là où tout est silence. Commence alors l’un des plus grand thriller écologique qu’il m’ait été donné de lire. Le Point l’avait qualifié de livre splendide et Jours de France de chef-d’œuvre. Ce qu’il y a de bien, vingt ans après, c’est qu’une très grande histoire reste une très grande histoire.

C’est un livre rare (dommage). On en trouve 2 sur fnac.com, 1 sur Price Minister, quelques-uns sur Amazon et plein, j’espère, chez votre libraire.

Jocelyne Seigner.

Le 28 mai, (il n’y a pas que le Festival de Cannes dans la vie) découvrez Jocelyne dans le noir. Ecoutez-la rire et pleurer, elle est belle.

18 may 14

Le Livre de Poche salue la sortie du film avec cette édition collector (déjà en librairie), enrichie d’une préface du type qui tient ce blog.

Dominique Pouchkine.

 

Je ne connaissais pas cette dame qui possède de forts jolis mots – par quoi donc avons-nous existé, par exemple et depuis fort longtemps (1987) ; cette fille de grande famille d’industriels dont le r du nom était alors derrière le dernier e – au temps des fonderies du Creusot (dans le Creusot), qu’elle racheta au XIXè siècle.
Je viens de finir son dernier livre (pour info, dernier ≠ ultime) avec un immense plaisir.
Il est un habile et talentueux parallèle entre l’Eugène Onéguine de Pouchkine, et la mélancolie de Viviane et de son amour brouillé depuis 30 ans, avec cet Antoine embompointé (ça c’est de moi) qu’elle retrouve… 30 ans après, à l’Opéra, (oui, oui, où l’on joue justement Eugène Onéguine).
194 pages d’une merveilleuse nostalgie, d’une colère domptée, d’illusions envolées, d’amours défaites, d’amitiés contrariées ; quelque chose de gracieux, entre une Sagan (qui conduisait alors avec des chaussures) et une Ernaux (de la famille « Les Années »).

9 may 14

Embarquement ce mois-ci, aux éditions JC Lattès.