Archive | septembre, 2020

1er octobre 2020.

C’est dans la grande médiathèque qui porte le nom d’un homme de combat(s) que j’aurais ce jeudi 1er octobre la joie de vous parler d’Un jour viendra couleur d’orange, un livre de combat(s) à sa manière puisqu’on y retrouve la colère des hommes, l’espérance des femmes et la grâce de l’enfance.
19 h 30. Médiathèque Jacques Baumel, 15-21 Boulevard du Maréchal Foch, 92500 Rueil-Malmaison. Détails ici.

Tiné airlines.

Le toujours regretté Michel Audiard disait « aimer les fêlés parce qu’ils laissent passer la lumière » et c’est cet amour qu’on retrouve dans le nouveau roman de Caroline Tiné, Tomber du ciel*, tout comme il était déjà présent dans son précédent livre**. C’est qu’elle les aime, les froissés, ébréchés, cassés, fracassés de la vie. Les voici à bord d’un Airbus A 380, le temps d’un Paris-Singapour. Une ex-hôtesse qui fuit une terrible histoire d’amour, un vieil homme qui s’échappe de celui qu’il était, roublard, manipulateur, une fausse rousse qui se dirige vers une nouvelle vie, une gamine Asperger qui a trop les pieds sur terre, un pilote qui voudrait rester toujours à bord de cet avion dont l’exploitation s’arrête, tous quittent quelque chose pour autre chose, un rêve, une rédemption, un apaisement, mais voilà qu’au dessus de l’Iran, de la Mer Noire, l’avion traverse une grosse zone de turbulences. À l’image de ce qui nous arrive parfois dans la vie. Tomber du ciel est une très belle métaphore des anges déchus que nous sommes à qui il va être donné de pouvoir voler de nouveau. Bon voyage à tous !

*Tomber du ciel, de Caroline Tiné. Éditions Presses de la Cité. En librairie le 17 septembre 2020 (et dans tous les aéroports).
**Le Fil de Yo. Editons Lattès (2015).

Invitée #46. Ginette Machon.

J’ai croisé Ginette il y a plus de trois ans maintenant au Festival du livre de la ville d’Hyères. Il faisait très beau, et très chaud. Trois mois plus tard, elle découvrait en Avignon, dans le Off, la version théâtrale de On ne voyait que le bonheur, avec Grégori Baquet et Murielle Huet des Aunay et m’écrivit ceci : « Le jeu de Grégori est très bien, celui de Murielle sublime », ajoutant même : « J’ai fait beaucoup de publicité car vous et ils le méritent ». Et voilà qu’il y a quelques jours, Ginette m’écrit pour me dire tout le bien qu’elle pense de mon dernier roman, et me recommander la lecture d’un livre d’une amie. Je lui ai donc proposé d’en faire à mon tour la publicité en l’invitant ici pour vous le présenter.

« Lumière*, quel titre ! Lumière, celle qui habille majestueusement le massif de La Sainte Victoire, celle qui porte la vie, qui ouvre l’espoir, celle reliée à la connaissance. Elle m’a accompagnée tout au long de la lecture de ce premier roman et illustre à merveille le thème de l’amitié, accidentelle, improbable, qui lie Ambre et Olivier. Les émotions ressenties sont très variées, toujours  très profondes. Les mots choisis par l’auteure sont emplis de délicatesse, de précision, de poésie même dans les moments sombres du roman. De fines descriptions, soit savoureuses de mets familiaux, soit très évocatrices de sites provençaux ou de scènes de la vie de tous les jours.
Un roman lumineux ».

*Lumière, de Christelle Saïani. Éditions Librinova.

Samedi 26 septembre 2020.

Grand Cru littéraire cette année encore. L’enivrant Livres en Vignes se tient ce week-end, pour sa treizième édition, dans l’un des plus beaux domaines de la Bourgogne. Ici ont jailli des vins rares et inoubliables, tout comme les livres et leurs auteurs que vous y rencontrerez. Ravi de vous y revoir ce samedi 26 septembre, après sept ans d’abstinence.
Livres en Vigne, au Château du Clos de Vougeot, rue de la Montagne, 21640 Vougeot. Les 26 et 27 septembre 2020. L’excellent programme – je devrais écrire carte-, ici.

Ceci est une rumeur.

Voici la nouvelle livraison de l’ami Frank Andriat, l’auteur qui écrit plus vite que je n’ai le temps de lire – déjà plus de cent livres à son actif, en plus d’un (ex-)métier chronophage de prof, mais c’est justement lorsqu’il se nourrit de cette vie d’enseignant qu’il est, pour moi, le plus brillant. Le plus efficace. Et à la fois le plus compassionnel. Il est alors capable de mettre à jour, comme personne, les malaises, les douleurs et les silences adolescents.
Dans ce Rumeurs, tu meurs !  (rumeur-tumeur) qui met en scène le harcèlement d’une élève de 16 ans (Alice) par un couple diabolique du même âge (Lena et Javier), Frank décortique, comme on autopsie, la glissade qui part d’un mot ou d’un regard de travers et finit dans la plus sinistre fange. L’ultime violence. Celle qui mène l’autre au dégoût de lui-même. Le tour de force de Rumeurs, tu meurs !  est d’être parvenu à contenir dans un huis-clos étouffant une histoire affreusement publique (du fait de l’exhibitionnisme effarant des réseaux sociaux). C’est dans la poudrière irrespirable de cette confrontation entre Alice et Lena-Javier que volent les mots, comme des poussières dans la lumière. Les mots qui tuent. Littéralement.
À l’arrivée un texte important à mettre entre les mains de tous les ados qui ont un compte Facebook, Instagram ou autre. Et surtout de leurs parents. Parce que si les mots tuent, ils sauvent aussi.

*Rumeurs, tu meurs ! de Frank Andriat. Éditions Mijade. Sortie le 10 septembre 2020.

Dimanche 13 septembre 2020.

Oh, le beau livre de David Betzinger, qui nous fait redécouvrir le Nancy d’avant au regard de celui d’aujourd’hui. De plus, il est publié aux éditions Les Beaux Jours, ce qui donne un souffle d’espoir (tout comme le titre de mon roman, d’ailleurs). Bref, tout cela pour vous dire que je serai de retour moi aussi à Nancy ce dimanche pour une rencontre animée par Laure Dautriche  à 14 heures au Palais du Gouverneur et que j’en suis absolument ravi. À dimanche !
Le Livre sur la Place, à Nancy. Du 11 au 20 septembre 2020. La meilleure page du programme ici.

Les chutes aussi sont belles.

Rentrée littéraire 2020. Voici un roman* pas tout à fait comme les autres puisqu’il tient également du reportage, du documentaire, de l’enquête et bien sûr du romanesque. Pas étonnant quand on sait que son excellent auteur est aussi un excellent journaliste et qu’il réunit ces deux excellences dans un texte d’une impérieuse humanité en ces temps de haine de l’autre. Kateb, le narrateur, est recueilleur de paroles. Ainsi écoute-t-il les autres, ces funambules de la vie qui, à un moment où à un autre, ont dérapé, glissé, chuté.. Et les bénévoles qui les aident. Il recueille leurs histoires pour qu’elles ne s’évanouissent pas dans le bruit du monde. Témoigner que chaque vie, même si on en est tombé, mérite la grâce d’un livre.
Dans Les funambules, Kateb suit les routes cabossées des uns et des autres, tous inoubliables, tout à la recherche de celle qu’il a profondément aimée. Mais ratée. Nadia. Son fantôme. Et plus il s’avance dans le cœur des autres, plus il s’approche d’elle. Plus on tremble avec lui. Plus on se sent vivant avec lui. Là est le grand tour de force de Mohammed Aïssaoui : nous démontrer qu’aimer une seule personne c’est aimer le monde entier. Et prendre le risque de le sauver.
Et puis, en filigrane de ces rencontres, de ces voyages dans les existences des autres, reviennent comme des petites cartes postales quelques souvenirs d’enfance. Du pays quitté à neuf ans. Du goût des abricots. Et d’Hanabella, la mère magnifique. Cette femme qui ne sait ni écrire ni lire et donne à son fils ce prénom de Kateb qui  justement signifie écrire.
Écris nous. Écris le monde, mon fils. Écris la beauté de chacun. Écris la beauté de l’autre, semble-t-elle dire.
C’est ce que votre fils vient de faire, Hanabella. Et de la plus éblouissante des façons.

*Les funambules, de Mohammed Aïssaoui. Éditions Gallimard. En librairie le 3 septembre 2020. Sur la première liste du Renaudot et du Goncourt 2020.