Author Archive | Grégoire Delacourt

Une photographie française.

Thierry des OuchesThierry des Ouches est photographe. Un excellent photographe d’ailleurs, dont j’ai, au siècle dernier, eu le plaisir de suivre les travaux publicitaires, notamment une sublime campagne (dans Libération) pour les adieux au monde de la bonne vieille 4 L.
Comme quelques prestigieux confères, Doisneau, ou Depardon, Thierry a l’art de capter l’esprit même de cette France d’entre deux. Celle-là même qui révèle son Histoire, sa nostalgie, sa part d’enfance, son immuabilité. Alors, quand il écrit son troisième roman, (parce qu’il a aussi découvert que parfois les mots photographient mieux qu’une image ou, en tout cas, saisissent ce qu’un objectif ne peut capter), Le Fonctionnaire amoureux, on ne peut que regretter la disparition de Serrault et Tchernia. Serrault aurait été magnifique dans le rôle de Charlie, contrôleur à la SNCF, sur la ligne Langres/Colombey-les-Deux-Églises, marié à Charlène, et qui tombe amoureux de la belle Juliette. Et Tchernia, qui aurait été impérial en réalisateur de cette comédie d’entre deux – entre jubilation et amertume, entre petitesse et immensité. Thierry des Ouches est délicieusement amoral dans cette fable où plus nos rêves sont grands plus ils nous broient et où la beauté cache souvent quelques redoutables poisons.
Et c’est là la réussite du livre. De faire un Tchernia qui finit en Chabrol. Toujours avec Serrault dans le rôle principal.

*Le Fonctionnaire amoureux, de Thierry des Ouches. Éditions Daphnis et Chloé. En librairie depuis mai 2016.

Samedi 27 et dimanche 28 mai 2017.

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Talloires est charmant village posé comme un bouquet sur la rive droite du lac d’Annecy, entre Menthon Saint-Bernard et Angon, bordé par le Roc de Chère et en limite du petit lac. Il a vu naître d’inoubliables personnalités. Ainsi, Louis Berthollet, inventeur de l’Eau de Javel, Gabriel Lippmann qui y réalisa en 1902 la première photographie en couleurs, Claude-Étienne Nouvellet, membre de l’auguste académie Florimontante ou encore Frère Théo Bozon, fameux ermite. Les 27 et 28 mai, il faudra ajouter une petite liste de personnalités tout aussi charmantes qui y séjourneront. Ainsi, Douglas Kennedy, Didier Decoin, Jean-Michel Ribes, Jean-Christophe Rufin, Yann Queffélec, Philippe Besson, Serge Joncour et bien d’autres. Je serai enchanté de vous y rencontrer, on annonce une température de 28 degrés.
Fête du Livre de Talloires. Dans la baie de Talloires. Tout le programme ici.

« La vie des autres ».

Massarotto

Cyril m’a un jour confessé bien aimer les quatrièmes de couverture – là où quelques mots sont censés vous donner envie d’acheter le livre que vous tenez dans les mains. Alors je vais me livrer à cet exercice ultra-difficile pour son épatant nouveau livre*.
Samuel fête ses trente-cinq ans seul. Il cherche qui il pourrait bien appeler pour venir les fêter avec lui. Un numéro de téléphone lui revient. Celui de sa maison d’enfance. Il le compose. On décroche. Un petit garçon de dix ans est au bout du fil. Il s’appelle Samuel. C’est lui.
Voilà, c’est ma quatrième. J’espère qu’elle vous donnera envie de tendre l’oreille et d’écouter leur conversation.
Elle parle de notre enfance à tous, de ces rêves qu’on a parfois oubliés en cours de route et qui ont peut-être dérouté justement, notre vie d’adulte. Mais en bon fabuliste qu’il est, Cyril nous prouve qu’il n’est jamais trop tard. Ouf.

*Quelqu’un à qui parler, de Cyril Massarotto. Éditions XO. En librairie depuis le 9 février 2017.

Samedi 20 et dimanche 21 mai 2017.

Guéthary

Ah, un week-end à la fin mai. Une envie de soleil, d’évasion. Et vous voilà à Guéthary, le plus petit village de la côte basque, qui fut tour à tour port baleinier, village de pêcheurs, station balnéaire prisée et paradis des Brice de Nice et d’ailleurs avec ses vagues de Parlementia. Si vous voulez y être tranquille le week-end du 20 et 21 mai, c’est raté. On annonce une arrivée d’écrivains joyeux, de David Foenkinos à Dominique Bona, de Jean-Louis Fournier à moi-même, et de quelques autres. Et si vous n’avez pas de crème solaire, souvenez-vous qu’un bon livre protège aussi du soleil.
Les Belles Plages de Guéthary, à la Mairie et au Musée. Entrée libre.

Bussix en Corse.

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À deux lettres près du premier, Bussi est, en 2016 et selon Le Figaro, le deuxième auteur le plus vendu en France. On ne peut que saluer une telle performance de la part d’un géographe et professeur à l’Université de Rouen, mais surtout d’un vrai chic type – à croire que pour toucher autant de lecteurs, il est plus efficace d’être sympa. Et d’avoir une bonne histoire*. Celle-ci par exemple, bien que, et cela n’engage que moi, je l’ai trouvée un peu longuette (comme aurait dit ma mère), qui est une histoire parfaitement troussée de vengeance corse.
Une jeune fille survivante d’un accident de voiture qui fit trois morts, ses parents et son frère, revient vingt-sept ans plus tard à l’endroit du miracle (miracle d’avoir survécu, je veux dire) et, comme toujours, comme un film qu’on rembobinerait, le passé revient et avec lui son lot de surprises, rebondissements et autres désillusions.
Le Temps est assassin (quel beau titre), au-delà de son côté thriller, son côté « page-turner », est aussi une histoire forte de femmes et de désirs, un drame de la jalousie, qui s’expose au soleil brulant, provoquant et sensuel, avant de disparaître, dans la même seconde, dans la moiteur de l’insondable maquis.
Un parfum acide comme l’aurait été L’Enfer (1964) de H.G. Clouzot s’il lui avait été donné d’achever son film.

* Le Temps est assassin, de Michel Bussi. Éditions Presse de la Cité. Et Pocket, n° 16938.
Ah, et pour ceux que cela intéresse, Michel et moi sommes invités ce mercredi 17 mai dans l’émission « Dans tes rêves », sur France Inter à 12h15.

Colin Powell va être ravi.

Je savais qu’il y avait des leurres dans le désert irakien, mais je ne savais pas qu’il y en avait aussi dans la vitrine de la Bibliothèque et Culture pour tous de Bourges.

leurres

Jeudi 18 mai 2017.

Doucet

Après Cognet hier (voir ci-dessous), Doucet aujourd’hui. Les mots sont ironiques et poétiques. Les mots redessinent parfois la carte du monde, le cœur des hommes et peuvent transformer d’effrayantes tempêtes en musique (plutôt Wagner, c’est vrai, que Deep Forest). Bref, j’ai l’immense joie d’être à nouveau accueilli par la charmante Marie-Adélaïde Dumont (et son mari Olivier, qui veille au grain) dans leur très belle librairie du Mans pour parler de danse et autres abîmes doucereux. Comme le désir, par exemple.
18 heures. Librairie Doucet, 66 Avenue du Général de Gaulle, 72000 Le Mans.