Author Archive | Grégoire Delacourt

Encore une envie qui se réalise.

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Dans La Liste de mes envies, Nadine, la fille de Jocelyne écrit et réalise des courts métrages. Elle en fait un qui montre « …des images en noir et blanc de trains, de rails, d’aiguillages ; au début, c’était très lent, puis tout s’est accéléré lentement, les images se sont superposées, le rythme devenait envoûtant, fascinant (…). Quand le film a été fini, elle a chuchoté en me regardant : j’ai écrit le boléro de Ravel en images maman, pour que les sourds puissent l’entendre ».
Alors penser que La Liste de mes envies* vient d’être publié dans une édition pour que les dyslexiques puissent le lire m’emplit de bonheur.

*La Liste de mes envies, éditions Les Terres Rouges, collection « Facilydys ». En librairie depuis quelques jours. Un très grand merci à Gérard Campanelli et Catherine Renard.

On ne voyait pas que le bonheur.

Dommage que ce que les livres voient, les politiciens ne le voient pas, enfermés qu’ils sont dans leurs certitudes.
Voici une page d’On ne voyait que le bonheur, publié en 2014, qui évoquait déjà ce chagrin qui, depuis est devenu colère.

GJ

On ne voyait que le bonheur, Éditions Lattès (2014) et Le Livre de Poche (2015).

109 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2007.

Pratiquement une tous les trois jours. Il en faut combien pour qu’on se décide enfin à couper les bras des monstres ?
En attendant je ne peux que vous inviter à lire (ou relire) le roman* parfait de Philippe Routier sur ce sujet.

Noces de verre
*Noces de verres, éditions Stock. En librairie depuis le 11 janvier 2012 – depuis, plus de 650 femmes ont été tuées par leur mec.

Dimanche 2 décembre 2018.

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Rien de mieux que le Salon du Livre de Boulogne-Billancourt pour finir l’année en beauté et surtout faire ses emplettes de Noël (je vous rappelle qu’un livre est mieux que des fleurs puisque ses feuilles ne fanent pas, mieux que du chocolat puisqu’il reste sur le cœur et pas sur les cuisses et mieux que du champagne puisqu’il enivre sans risquer une perte de points ou un accident en rentrant), bref, retrouvons-nous ce dimanche pour la dernière fois de l’année.
De 14 à 19 heures. Salon du Livre de Boulogne-Billancourt. Espace Landowski, 28 avenue André Morizet, 92100 Boulogne. Tous les détails ici.

Tous les ans et toujours différent.

Marc LevyCe qu’il y a d’épatant avec un livre de Marc, c’est qu’on ne sait jamais à l’avance où il va nous emmener – chacun d’eux est comme un billet d’avion dont on ne connaîtrait pas la destination. Une fois 1, c’est sur le Mont Blanc, dans une intrigue à la Michael Crichton, un polar géopolitique brillant. Une autre fois 2, c’est une plongée dans l’Amérique gauchiste qui n’aime pas qu’on évoque ses démons. Une autre encore 3, c’est dans une amusante satire (d’après moi) de lui-même et dans laquelle j’ai trouvé les plus belles pages sur le pouvoir de l’écriture. Aujourd’hui, c’est de nouveau à New York où il vit qu’il nous transporte, dans une comédie typiquement newyorkaise qui redonne tout son sens au mot charmant : qui a du charme, qui plaît extrêmement, qui exerce un attrait puissant sur les sens, l’affectivité ou l’esprit.
Avec Une fille comme elle 4, Marc nous fait replonger dans les merveilleuses comédies que l’on dévorait (et dévore toujours) à Noël, celles de Lubitsch, de Leo McCarey, de Mankiewicz, de Capra, Gary Marshall, Nora Ephron et tant d’autres. Une histoire très bien troussée, bien moins légère qu’il n’y paraît (ce qui d’ailleurs est la meilleure recette des comédies justement) et qui fait se croiser un indien pressé et une fille dans un fauteuil. Mais chut.
Ouvrez le livre, montez à bord de l’ascenseur de Deepak, il vous emmènera bien plus loin que ses huit étages.

1. Un sentiment plus fort que la peur. Éditions Robert Laffont/Versilio (2013) puis Pocket (2014).
2. Une autre idée du bonheur. Éditions Robert Laffont/Versilio (2014) puis Pocket (2015).
3. Elle et Lui. Éditions Robert Laffont/Versilio (2015) puis Pocket (2016).
4. Une fille comme elle. Éditions Robert Laffont/Versilio. En librairie depuis le 22 mai 2018.

Tout est bien qui finit bien.

Dieudonné 2

Voici un auteur* au prénom d’un titre d’une chanson de Christophe, période « Ne raccroche pas » (pas la meilleure, pour preuve : Allo Stéphanie, ne raccroche pas/C’est samedi, je passais par là/Près du Palais, je t’offre un verre), au nom d’un comique troupier à l’humour suspect et qui raconte une histoire dans laquelle on trouve un père chasseur, alcoolique et violent, il y a des alcooliques mous mais lui bat sa femme qui elle-même ressemble à « une forme de vie primitive, unicellulaire, vaguement translucide » (page 12), un petit frère qui tue les chats du quartier depuis que le marchand de glace s’est explosé la gueule avec une bombonne de chantilly, puis se met à dépecer les chiens quand il n’y a plus de chats (la meilleure école pour finir en serial killer sur Netflix), et une narratrice qui n’a pas de nom, grande sœur du petit frère, fille de l’ivrogne et de l’amibe, qui rêve de remonter le temps depuis qu’elle a vu Retour vers le futur, de retourner au moment d’avant l’explosion de la tronche du glacier qui a eu pour effet collatéral de rendre le petit frère méchant, bref une palette de vies toutes chiffonnées qui annonce le pire. Nous sommes dans un lointain cousinage avec la Darling de Jean Teulé, la violente noirceur en moins, car l’écriture légère, faussement désinvolte d’Adeline Dieudonné, en un mot brillante, parvient à nous faire croire, malgré de drôles d’horreurs ici et là, que tout est bien qui finit bien. Le méchant perd. Les petites victimes ont une deuxième chance. Et comme un bonheur ne vient jamais seul, l’auteur se fait un nom. Son roman* fait un tabac. Il remporte deux prix, l’un décerné par 800 personnes (le Prix Fnac), l’autre par 200 lycéens (vingt par établissement selon le très sérieux règlement du concours, dont celui que fréquenta Théophraste Renaudot). Son éditrice sourit, même quand il pleut, quelle joie. Et à Brive, Delphine de Vigan, aux anges, l’invite sur scène. Chaque saison littéraire réserve une ou deux magnifiques surprises qui sont la preuve qu’il faut continuer à croire aux miracles.

*Adeline Dieudonné. La vraie vie. Éditions L’iconoclaste. En librairie depuis le 29 août 2018. Prix Fnac 2018. Prix Renaudot des Lycéens 2018.
**Darling, de Jean Teulé. Éditions Julliard puis Pocket.