

Il y a quelque chose de Wharton et de Duras dans le dernier livre* de Caroline Laurent. Une passion. Braises. Incandescence. Et puis l’eau du temps et la neige carbonique de la vie qui étiolent le feu et, même s’il couve encore sous la cendre, le froid et la nuit sont proches.
Comme toujours.
Ainsi Amalia, écrivaine de son état, nous livre sa passion pour Manech le bistrotier. Dépeint leurs désirs. Leur sexualité. Nous apprend le feu. Les brûlures joyeuses. Les séparations et les retrouvailles, deux silex qui se cognent et étincellent. Elle éclaire ce que l’on sait de nos ombres. Attise la lave du désir — cette petite chose qui meurt au jour. Et nous conduit au bord de l’abîme de nos illusions. Doucement. Presqu’aimablement en persillant ici et là son histoire avec Manech de leurs chansons d’amour, comme ces ados (à mon époque) qui faisaient une playlist sur cassette audio pour leur petite amie.
L’histoire de cette Bande son d’un amour féroce n’est pas inédite mais la façon dont l’étreint Caroline avec sa formidable écriture donne un sérieux coup de vieux à celles d’avant elle et, paradoxalement, furieusement envie de se remettre à écouter et vivre nos passions condamnées.
*Bande son d’un amour féroce, de Caroline Laurent. Aux éditions Buchet-Chastel, coll. La Résonnante. En librairie depuis le 2 avril 2026.







