
On connait la silhouette gracile de Jean Seberg dans À bout de souffle, sa coiffure à la garçonne qui en inspira tant, on connaît La Promesse de l’aube de Romain Gary, son Goncourt en 1956 avec Les racines du ciel, sa fascinante supercherie émileajarienne et son second Goncourt avec La Vie devant soi, en 1975 ; on connaissait la vie de ces deux-là, Seberg et Gary, le charme, le chic, le succès, la fête et le glamour ; et voilà que Myriam Anissimov, après des années d’enquêtes, d’archives inédites et autres témoignages documentés, nous livre ce récit* crépusculaire, mené d’une plume d’orfèvre, précise, cruelle et si belle.
Jean et Romain est l’immense livre du chagrin, de l’amour sans la chair et de la chair sans l’amour. Il est la défaite des corps. Le triomphe de la littérature. Il est en tout point bouleversant dans la façon dont on (re)découvre ces deux-là : leurs faces nord, leurs ombres tristes, leurs engluements désespérés, et il fallait tout l’amour d’Anissimov pour nous les faire aimer encore plus, dans leur lumineuses noirceurs. Magnifique, vraiment.
*Jean & Romain, La vigilance d’une passion défunte, de Myriam Anissimov. Aux éditions Grasset. En librairie le 26 août 2026.


