
Attention spoiler. Voici une histoire* étrange et singulière. Un homme (Robert) a rendez-vous avec un ami (Alain) pour un dîner. Il arrive en retard, la faute au manque de places de stationnements parisiens. Une fois au restaurant, il s’aperçoit qu’il a oublié son téléphone dans sa voiture. Robert est veuf et n’est pas très bien sans téléphone. Il repart donc le chercher. En chemin, une femme (Camille) l’alpague. Elle boit un verre en terrasse. Il la rejoint. Ne retournera jamais auprès d’Alain. Robert et Camille partent ensemble vers le sud où elle veut être maître-nageur. Ils s’aiment. Baisent. Font très vite chambre à part. S’aiment. Baisent. Puis Camille s’en va. Robert veut disparaître. Il vend ses biens. Récupère plus de 110.000 € de cash dans les banques. Se balade avec une valoche dans laquelle sont les biffetons. Il marche. Campe. Hume la vallée. Les montagnes. Croise un trouple. L’une des deux filles veut bien coucher avec lui mais lui non. Il les balade quelques jours puis salut. Se fait fabriquer des faux-passeports car l’époque est aux rafles massives de migrants. Il fait passer la frontière à quelques pauvres gens. Dans l’ordi que Camille a laissé, il découvre l’histoire des femmes de sa famille. Des suicides, des abandons. Des douleurs sans fin. Et la Suisse comme Eldorado. Il suit les déambulations géographiques de la famille de Camille. Et du coup la retrouve. Il vend la Mustang qu’il avait achetée car sans électronique traçable. Ils s’aiment de nouveau. Ils baisent de nouveau. Ils s’installent en Suisse. Et c’est tout.
Je vous avais dit étrange et singulière. Car une histoire où quelqu’un cherche à disparaître pour aller nulle part l’est forcément. Et c’est ce qui en fait ici finalement toute son étrange et singulière beauté.
*La ferme du Paradis, de Bernard Comment. Publié sous la direction de Martine Saada chez Albin Michel. En librairie depuis le 21 août 2024.






