Et oublier les rires et les larmes et les applaudissements nourris des spectateurs de cet Homme de parole en Avignon en juillet dernier pour m’attacher au texte puisque c’est un blog qui parle de livres. Voici donc la première pièce de l’auteur, écrite directement pour le théâtre ; l’histoire d’un comédien qui, comme chaque soir doit jouer La lettre au père de Kafka, mais qui, ce soir-là, change le texte, improvise et parle de lui. De son enfance. De sa naissance au théâtre. Du besoin d’être les autres pour être lui. De sa peur, demain, de ne plus pouvoir parler. Car on est tous secrètement hanté par cette peur-là, celle du silence qui nous attend.
J’ai lu ce texte d’une traite, j’ai entendu la voix de l’auteur. Et comme les spectateurs d’Avignon, j’ai ri, j’ai pleuré et j’ai eu envie d’applaudir.
(Heureusement, je suis resté objectif).

*L’Homme de parole, de Grégoire Delacourt. Aux éditions L’Avant-scène théâtre. En librairie depuis juillet 2026.






