
En 1983 sortait un film de Woody Allen, Zelig, du nom du héros, Leonard Zelig, qui avait le don de s’adapter au monde environnant et de s’y fondre parfaitement ; eh bien il me semble, depuis fort longtemps mais encore davantage cette fois-ci*, que c’est également le don de Frank Andriat.
Le voici dans la peau de Maxence, ado bien inspiré de 16 ans, confronté au grave cancer d’une camarade de classe, Manon, à une époque où les réseaux s’en donnent à cœur joie dans la moquerie. Le mépris. La cruauté. Manon a une amie ravissante, Lilou, et voici que la maladie va rapprocher le garçon et l’amie, la vie va jaillir entre eux tandis que celle de Manon (la source) se tarit.
Frank est le champion des transfusions d’amour.
En 177 pages, sans pathos ni musique de Francis Lai, il nous remue les sentiments, nous remet le cœur à l’endroit ainsi que celui de ces ados qu’il aime sincèrement, tant dans sa vie de prof que dans celle de romancier, et auxquels il continue à croire et à enseigner que l’empathie, la tendresse, l’altruisme, et le nez en l’air plutôt que sur son écran, sont des clés du bonheur.
Le bonheur, écrit-il, c’est un petit peu moins de soi et beaucoup plus de vie.
Je vous aime est le roman de tous les amours. Celui qui part et reste à la fois. Celui qui crée. Qui donne. Réunit et agrandit. Celui de trois camarades de classe. Celui des parents. Celui du monde. Celui de Frank envers ses jeunes lecteurs et ses moins jeunes — comme moi.
Alors, sache-le, Frank, une bonne fois pour toutes, nous aussi, on t’aime.
*Je vous aime, de Frank Andriat, chez Ker éditions. En librairie depuis mars 2026. (Le titre de cette chronique est celui d’une chanson interprétée par Marie Laforêt et écrite par J.P. Bourtayre et Y. Dessca).








