
Il y a un paradoxe curieux dans la poésie qui célèbre l’amour, c’est qu’elle ne le fait qu’au filtre du manque et du désir, comme si le quotidien amoureux était fort peu inspirant et que des mots, comme quotidien justement, ou cuisine, ou repas, ou poubelle, ou médecin, ou emmener les enfants à la crèche ne possédaient aucune grâce ni ne permettaient aucune rime.
C’est donc au regard de la fragilité de l’amour, de son éloignement tant redouté, que Delphine Blondin, au travers de 48 poèmes* ciselés, raffinés, d’une grande sincérité et d’une plume de romantisme, nous rappelle à quel point il est volatile. Et donc précieux. On ne pourra donc qu’applaudir à sa belle injonction d’aimer.
À laquelle j’ajouterais à celle de se laisser aimer.
*Soyez heureux d’aimer, de Delphine Blondin. Publié aux éditions Bonnes Feuilles. Octobre 2026. (Photo d’illustration fournie par l’auteure).