Archive | décembre, 2018

Peur panique.

Pris sur une étagère chez Lattès (avec qui les Éditions des Deux Terres ont fusionné il y a quelques temps, et peut donc s’enorgueillir d’un catalogue de littérature étrangère épatant avec, entre autres, Kazuo Ishiguro,Prix Nobel de littérature 2017, Julia Glass, Mohammed Hanif et, côté thriller, Alexandra Fuller, Patricia Cornwell, Jeffery Deaver – dont il est question ici –, Jesse Kellerman et Ruth Rendell) parce que j’avais envie de me secouer la tête, un peu comme la phase essorage secoue une machine à laver. Je voulais un truc genre 1600 t/mn. Curieux roman que ce Peur Panique*, à la fois thriller qui poursuit un étonnant serial killer qui tue d’une façon absolument inédite et dont la poursuite est menée par une héroïne récurrente, en l’occurrence la belle (je suppose) Kathryn Dance dont on suit (à défaut de poursuite) les égarements amoureux et professionnels, mais ce qui m’a surtout charmé (parce qu’il y a quand même quelque chose de lassant à ce que les méchants perdent à la fin, c’est tellement le contraire dans la vraie vie !) ce sont, ça et là, des phrases, des paragraphes, des moments de pure littérature américaine, celle qui possède ce don de décrire cet esprit si particulier, agaçant et fascinant à la fois. Peur Panique est donc un formidable roman hybride. Une sorte de Prius. À 800 t/mn.

*Peur panique, de Jeffery Deaver, traduit par Pierre Girard. Éditions des Deux Terres et, depuis le 14 novembre 2018, publié au Livre de Poche.

Moi.

Après avoir sur scène été Grégoire Bouillier (Rapport sur moi), puis Jocelyne Guerbette (La liste de mes envies), voici Mikaël Chirinian dans le rôle de Mickaël Chirinian (L’ombre de la baleine). Allez-y, c’est une tuerie. Et Armelle Héliot du sévère Figaroscope semble être d’accord avec moi.

L’Ombre de la baleine, au Théâtre Lepic, (le théâtre remis à neuf de Salomé Lelouch).

Encore une envie qui se réalise.

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Dans La Liste de mes envies, Nadine, la fille de Jocelyne écrit et réalise des courts métrages. Elle en fait un qui montre « …des images en noir et blanc de trains, de rails, d’aiguillages ; au début, c’était très lent, puis tout s’est accéléré lentement, les images se sont superposées, le rythme devenait envoûtant, fascinant (…). Quand le film a été fini, elle a chuchoté en me regardant : j’ai écrit le boléro de Ravel en images maman, pour que les sourds puissent l’entendre ».
Alors penser que La Liste de mes envies* vient d’être publié dans une édition pour que les dyslexiques puissent le lire m’emplit de bonheur.

*La Liste de mes envies, éditions Les Terres Rouges, collection « Facilydys ». En librairie depuis quelques jours. Un très grand merci à Gérard Campanelli et Catherine Renard.

On ne voyait pas que le bonheur.

Dommage que ce que les livres voient, les politiciens ne le voient pas, enfermés qu’ils sont dans leurs certitudes.
Voici une page d’On ne voyait que le bonheur, publié en 2014, qui évoquait déjà ce chagrin qui, depuis est devenu colère.

GJ

On ne voyait que le bonheur, Éditions Lattès (2014) et Le Livre de Poche (2015).

109 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2007.

Pratiquement une tous les trois jours. Il en faut combien pour qu’on se décide enfin à couper les bras des monstres ?
En attendant je ne peux que vous inviter à lire (ou relire) le roman* parfait de Philippe Routier sur ce sujet.

Noces de verre
*Noces de verres, éditions Stock. En librairie depuis le 11 janvier 2012 – depuis, plus de 650 femmes ont été tuées par leur mec.