C’est beau une ville la nuit.

« C’est dingue ces gens du jazz qui font sans arrêt des disgressions dans tous les sens pour parler de tout et de rien… Des vrais moulins à parole qui tournent dans le vide et n’ont rien à dire », écrit, page 125, Alain Genestar dans son dernier roman*. Et c’est avec un art consommé de la disgression justement, que l’auteur fort habile nous entraîne dans le monde capiteux et hypnotique du jazz, petites scènes, bars enfumées, voix suaves, pianistes et saxos de génie ; dans celui, engagé et violent, passionné et désespérément humain du photojournalisme ; et dans cette ville hallucinante de jour comme de nuit, où l’on croise toutes les folies, toutes les rédemptions et tous les fantasmes — New York —, pour nous tisser, sur fond de ces trois univers, un thriller terrible et gracieux dont le point de départ est « l’accident de voyageur » d’une certaine Femme en manteau de loutre dans le métro de la Grosse Pomme. Un roman de nuit, de voix rauques et d’amours improbables dans les entrailles de cette ville que j’aime tant et où il me tarde de retourner enfin dans les jours qui viennent.

*La femme au manteau de loutre, de Alain Genestar. Aux éditions Grasset. En librairie depuis le 2 septembre 2026.