Supplique pour un écrivain.

Voici qu’après des louanges unanimes, des phrases inoubliables de journalistes énamourés, des articles dithyrambiques à en devenir gênants, des sélections sur les listes des grands prix littéraires d’automne, des pronostics flatteurs quant aux bandeaux rouges qu’il obtiendrait en sus de ceux qui ornent déjà la jaquette de son livre, après le pâmoison germanopratin (qui donne toujours dans la dentelle), voici que les mêmes louangeurs se pincent le nez, crient à la supercherie, au traître, au monstre, au voleur, au falsificateur ; voici que l’objet adulé la veille devient bon à jeter aux orties et l’auteur adoré pestiféré ; voici qu’on le déliste (sans avoir la patience, voire l’élégance de ne pas le reconduire sur la liste suivante) dans l’intention de faire mal, de salir et d’humilier et dans celle, moins avouable, de faire taire celui qui vient nous effrayer. Car de quoi s’agit-il d’autre qu’un auteur qui se serait servi d’un outil (dont chacun d’entre nous fait usage chaque jour) pour parfaire son travail. Ainsi le diable aurait demandé à l’IA de pousser son écriture, de la bousculer, de l’amplifier et pour quel résultat ? Un chef d’œuvre, déclarent, unanimes, nos fins donneurs de leçons. « Une langue d’une beauté poétique renversante » affiche Le Monde. Ce que je retiens, moi, de tout ce bruit, c’est que l’IA, aidée par Thélyson Orélien ou Thélyson Orélien, aidé par l’IA, sont de biens meilleurs écrivains que la plupart de ceux qui prétendent l’être et nous offrent surtout un grand livre. « Une claque », jure même Gaël Faye. Il est bien là, le problème. Les minus sont démasqués.
(Article 100% humain).